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BTS CG · MODULE 1

CONTRÔLE ET TRAITEMENT COMPTABLE DES OPÉRATIONS COMMERCIALES

Contrôle et traitement comptable des opérations commerciales — les fiches TabloNoir du module.

Le processus 1 traite les opérations commerciales courantes : mécanismes comptables, contrôle des documents, facturation électronique, opérations clients et fournisseurs, effets de commerce, rapprochement bancaire. Le socle quotidien du métier.

Les 10 notions du module

P1.01 · BTS CG

Le système d'information comptable et ses acteurs

Avant d'enregistrer la moindre écriture, encore faut-il savoir qui produit l'information comptable, avec quels outils, et pour qui.

Avant d'enregistrer la moindre écriture, encore faut-il savoir qui produit l'information comptable, avec quels outils, et pour qui. C'est tout l'objet du système d'information comptable (SIC) : bien plus qu'un logiciel, il englobe les pièces justificatives, les procédures de contrôle, le plan de comptes et les personnes qui font vivre l'ensemble.

Quatre fonctions, trois finalités

Le SIC remplit un cycle permanent en quatre temps : collecter les pièces justificatives, traiter les informations selon les règles comptables, les stocker de manière sécurisée, puis les diffuser sous forme de comptes annuels, de déclarations ou de tableaux de bord. Cette information sert trois finalités bien distinctes — légale (article L123-12 du code de commerce), fiscale (base de l'impôt) et de gestion (pilotage) — qu'il ne faut jamais confondre, sous peine de mélanger comptabilité générale et comptabilité de gestion.

Des acteurs aux rôles précis

En interne, le comptable saisit et contrôle, le chef comptable supervise, le directeur administratif et financier arbitre, et le contrôleur de gestion exploite l'information sans jamais tenir la comptabilité. En externe, il ne faut surtout pas confondre l'expert-comptable, qui intervient sur mission contractuelle et peut conseiller l'entreprise, et le commissaire aux comptes, qui certifie les comptes sur mission légale et ne peut, par principe d'incompatibilité, ni tenir la comptabilité qu'il contrôle ni la conseiller. Sa nomination devient obligatoire dès que deux des trois seuils — 5 M€ de bilan, 10 M€ de chiffre d'affaires, 50 salariés — sont dépassés, seuils relevés de 25 % par le décret du 28 février 2024.

De la pièce justificative au pilotage

L'information suit une hiérarchie précise — pièce justificative, journal, grand livre, balance, comptes annuels — que chaque acteur doit savoir situer. Avec la généralisation du PGI et de la dématérialisation, le comptable ne se contente plus de saisir : il contrôle et valide, y compris les écritures générées automatiquement par le système.

La fiche P1.01 vous apprend à :
  • Définir le système d'information comptable et ses quatre fonctions (collecter, traiter, stocker, diffuser)
  • Distinguer les trois finalités de la comptabilité : légale, fiscale et de gestion
  • Différencier les acteurs internes (comptable, chef comptable, DAF, contrôleur de gestion) et leurs missions
  • Ne plus confondre expert-comptable (mission contractuelle) et commissaire aux comptes (mission légale, incompatible avec le conseil)

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P1.02 · BTS CG

Les sources du droit comptable et les obligations de l'entreprise

Avant de choisir un compte, il faut savoir quelle règle s'applique et jusqu'où elle oblige. Le droit comptable français est hiérarchisé — texte européen, code de commerce, Plan comptable général, doctrine de l'Autorité des normes comptables — et cette hiérarchie n'est pas un détail académique : elle…

Avant de choisir un compte, il faut savoir quelle règle s'applique et jusqu'où elle oblige. Le droit comptable français est hiérarchisé — texte européen, code de commerce, Plan comptable général, doctrine de l'Autorité des normes comptables — et cette hiérarchie n'est pas un détail académique : elle dicte le réflexe à avoir devant toute question de traitement.

PCG et IFRS, deux mondes différents

Le Plan comptable général, issu du règlement ANC n° 2014-03, régit les comptes individuels de toutes les entreprises françaises. Les normes IFRS, elles, ne s'imposent qu'aux comptes consolidés des sociétés cotées sur un marché réglementé européen : une PME, même filiale d'un groupe international, tient toujours sa comptabilité individuelle en PCG. Confondre les deux référentiels — patrimonial et prudent pour l'un, orienté investisseur et fondé sur la juste valeur pour l'autre — est l'une des erreurs les plus fréquentes en épreuve.

Trois obligations, huit principes

L'article L123-12 du code de commerce impose trois obligations en cascade : enregistrer chronologiquement, inventorier au moins une fois par an, établir des comptes annuels réguliers, sincères et donnant une image fidèle. Huit principes fondamentaux gouvernent ensuite l'ensemble des traitements techniques : continuité d'exploitation, indépendance des exercices, permanence des méthodes, prudence, coût historique, non-compensation, intangibilité du bilan d'ouverture et importance relative. Chacun se restitue par un triplet — énoncé, texte, conséquence chiffrée — jamais un seul suffit.

Des seuils qui bougent

Le décret n° 2024-152 du 28 février 2024 a relevé de 25 % les seuils qui définissent les catégories d'entreprises (micro, petite, moyenne, grande) : une petite entreprise, comme dans le cas de la SAS Delcourt Distribution, peut ainsi bénéficier d'une présentation simplifiée et protéger la confidentialité de son compte de résultat, à condition de vérifier le bon millésime des seuils appliqués.

La fiche P1.02 vous apprend à :
  • Reconstituer la hiérarchie des sources du droit comptable, du règlement européen à la doctrine de l'ANC
  • Situer le rôle du Plan comptable général et de l'Autorité des normes comptables
  • Cerner le périmètre restreint des normes IFRS (comptes consolidés des sociétés cotées uniquement)
  • Rattacher chaque écriture technique à l'un des huit principes comptables fondamentaux

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P1.03 · BTS CG

Les mécanismes comptables  partie double, journal, grand livre, balance

Une opération, deux regards : d'où vient l'argent (la ressource) et à quoi sert-il (l'emploi) ? Cette dualité, traduite en comptabilité par la partie double, est la règle unique dont découlent le plan de comptes, la chaîne journal-grand livre-balance et la double détermination du résultat.

Une opération, deux regards : d'où vient l'argent (la ressource) et à quoi sert-il (l'emploi) ? Cette dualité, traduite en comptabilité par la partie double, est la règle unique dont découlent le plan de comptes, la chaîne journal-grand livre-balance et la double détermination du résultat.

Le compte, casier élémentaire

Chaque compte se présente en deux colonnes, débit à gauche et crédit à droite, sans jugement de valeur — il faut se déprendre du vocabulaire bancaire où « être à découvert » évoque un débit défavorable. Le plan de comptes du PCG organise l'information en huit classes : les classes 1 à 5 pour le bilan (capitaux, immobilisations, stocks, tiers, financiers), les classes 6 et 7 pour la gestion (charges, produits), la classe 8 pour les comptes spéciaux. La codification est décimale : chaque chiffre ajouté affine le détail sans jamais contredire les précédents.

Une chaîne, un contrôle à chaque niveau

L'information circule toujours dans le même ordre : pièce justificative, journal (classement chronologique), grand livre (classement par compte), balance (contrôle de l'équilibre débit-crédit), comptes annuels. La balance vérifie deux égalités — total des débits égal au total des crédits, total des soldes débiteurs égal au total des soldes créditeurs — mais elle ne détecte ni une erreur d'imputation compensée ni une opération totalement omise.

Le résultat, calculé deux fois

Dernier verrou : le résultat doit être identique par différence entre produits et charges au compte de résultat, et par variation des capitaux propres au bilan. Sur le cas de la SARL Vermeil Équipements, un bénéfice de 12 500 € calculé par le compte de résultat (52 000 € de ventes moins 39 500 € de charges) se retrouve exactement à l'identique par la variation des capitaux propres, passés de 60 000 € à 72 500 € en un mois : la double vérification est validée.

La fiche P1.03 vous apprend à :
  • Expliquer le principe de la partie double et la logique emploi / ressource
  • Lire et faire fonctionner un compte en T selon sa nature (débit, crédit, solde)
  • Situer un compte dans les huit classes du plan comptable général et lire une codification décimale
  • Reconstituer la chaîne pièce justificative → journal → grand livre → balance → comptes annuels

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P1.04 · BTS CG

Le contrôle des documents commerciaux  du devis à l'encaissement

Une opération commerciale ne se résume jamais à une facture isolée : elle laisse une piste documentaire complète — devis, commande, livraison, facturation, règlement — dont chaque pièce doit être contrôlée avant tout enregistrement.

Une opération commerciale ne se résume jamais à une facture isolée : elle laisse une piste documentaire complète — devis, commande, livraison, facturation, règlement — dont chaque pièce doit être contrôlée avant tout enregistrement. C'est cette chaîne, et le contrôle qui la sécurise, que déroule cette fiche.

Deux cycles en miroir

Le cycle client (devis émis, bon de commande reçu, livraison, facture de vente, règlement encaissé) est rigoureusement symétrique au cycle fournisseur vu de l'autre côté. Seule la facture déclenche l'écriture comptable : devis et bon de commande ne sont que des engagements, sans traduction comptable immédiate.

Le rapprochement à trois voies

Le contrôle de référence confronte trois pièces produites par trois acteurs distincts — le service achats (commande), le magasin (réception), le fournisseur (facture) — pour détecter les écarts de prix, de quantité, ou les facturations sans contrepartie réelle. C'est ce triple contrôle qui protège contre la facturation fictive et le double paiement.

Réductions en cascade et délais encadrés

Rabais, remise et ristourne (réductions commerciales) ne sont jamais comptabilisés lorsqu'ils figurent sur la facture : seul le net commercial est enregistré, chaque réduction s'appliquant sur le net obtenu à l'étape précédente, jamais sur le brut. L'escompte de règlement, lui, est toujours comptabilisé. Sur le cas de la SAS Aubertin Matériaux, une commande de 18 000 € HT, après 5 % puis 2 % de remises en cascade et 1,5 % d'escompte, aboutit à un net à payer TTC de 19 987,96 €. Les délais de paiement sont plafonnés par l'article L441-10 du code de commerce : 30 jours à défaut de stipulation, 60 jours après émission, ou 45 jours fin de mois par dérogation contractuelle expresse, sous peine de pénalités et d'une indemnité forfaitaire de 40 €.

La fiche P1.04 vous apprend à :
  • Reconstituer la chaîne documentaire complète, du devis au règlement, dans les deux cycles client et fournisseur
  • Identifier les mentions obligatoires d'une facture (code de commerce et code général des impôts)
  • Appliquer le rapprochement à trois voies (commande, réception, facture) pour détecter une anomalie
  • Calculer une facture en cascade en distinguant réductions commerciales (non comptabilisées) et escompte (toujours comptabilisé)

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P1.05 · BTS CG

La facturation électronique et la dématérialisation

La facture change de nature : de document imprimé, elle devient fichier de données structurées circulant entre plateformes agréées par l'administration. Cette réforme, décalée plusieurs fois depuis 2021, structure aujourd'hui une part importante des attendus du processus P1.

La facture change de nature : de document imprimé, elle devient fichier de données structurées circulant entre plateformes agréées par l'administration. Cette réforme, décalée plusieurs fois depuis 2021, structure aujourd'hui une part importante des attendus du processus P1.

Trois niveaux à ne pas confondre

La dématérialisation recouvre trois réalités très différentes : la simple numérisation d'un document papier, l'envoi d'un PDF par courriel (dématérialisation simple, mais non conforme à la réforme), et la véritable facture électronique au sens de l'article 289 bis du CGI, comportant un socle de données structurées et transitant par une plateforme agréée. C'est la confusion la plus fréquente en épreuve : un PDF envoyé par messagerie n'est jamais une facture électronique au sens de la réforme.

Un calendrier en deux marches

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir leurs factures sous forme électronique ; les grandes entreprises et les ETI doivent en plus les émettre et transmettre leurs données. Le 1er septembre 2027 étend l'obligation d'émission aux PME et micro-entreprises. Sur le cas de la SAS Verdelys, PME de 78 salariés à 24,6 M€ de chiffre d'affaires, le passage à une plateforme agréée dégage un gain net annuel de plus de 140 000 € grâce à la baisse du coût de traitement par facture.

Formats, piste d'audit et archivage

Les échanges empruntent des formats normalisés (profils EN16931 et EXTENDED-CTC-FR, en syntaxe CII ou UBL, ou format mixte Factur-X). Trois exigences permanentes gouvernent la valeur probante d'une facture, quel que soit son support : authenticité de l'origine, intégrité du contenu, lisibilité — garanties par une piste d'audit fiable. Les durées de conservation restent inchangées : six ans au titre fiscal, dix ans au titre commercial, la plus longue l'emportant en pratique.

La fiche P1.05 vous apprend à :
  • Distinguer les trois niveaux de dématérialisation d'une facture et identifier la seule forme conforme à la réforme
  • Situer le calendrier de la facturation électronique selon la taille de l'entreprise
  • Différencier facturation électronique et e-reporting (opérations et destinataires concernés)
  • Reconnaître les formats structurés admis (EN16931, CII, UBL, Factur-X)

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P1.06 · BTS CG

L'enregistrement des opérations clients  ventes, réductions, avoirs

Une facture de vente se calcule avant de se comptabiliser. Réductions en cascade, escompte, ports, emballages consignés, acomptes, avoirs : chaque élément a sa règle propre, et une seule inversion suffit à fausser toute la base de TVA.

Une facture de vente se calcule avant de se comptabiliser. Réductions en cascade, escompte, ports, emballages consignés, acomptes, avoirs : chaque élément a sa règle propre, et une seule inversion suffit à fausser toute la base de TVA.

Le schéma de base et ses comptes

L'enregistrement d'une vente suit toujours le même schéma : le compte 411 est débité du montant TTC dû par le client, un compte de la classe 70 est crédité du produit, le compte 4457 de la TVA collectée. Les réductions commerciales figurant sur la facture ne sont jamais comptabilisées — seul le net commercial est enregistré au compte 707 — tandis que l'escompte de règlement, réduction financière, est toujours porté au débit du compte 665 et réduit la base de TVA.

Ports, emballages, acomptes : des régimes bien distincts

Le port forfaitaire est un produit taxable au compte 7085 ; le port débours, simple remboursement d'une avance faite au nom du client, reste hors base de TVA. Les emballages consignés génèrent une dette de restitution (compte 4196), hors TVA tant qu'ils sont susceptibles d'être rendus. Depuis le 1er janvier 2023, la TVA sur un acompte encaissé devient exigible immédiatement, y compris pour une livraison de biens.

Retour ou réduction : deux avoirs, deux comptes

Sur le cas de la SAS Aubertin Distribution, une facture de 15 750 € brut, après 4 % de rabais et 5 % de remise en cascade, un escompte de 2 % et un port forfaitaire de 180 €, aboutit à une base de TVA de 14 256,72 €. L'avoir qui suit distingue bien le retour de marchandises (contre-passation au compte 707, avec annulation de l'escompte au 665) de la ristourne hors facture (compte 709) : deux logiques différentes, deux traitements comptables.

La fiche P1.06 vous apprend à :
  • Enregistrer une vente selon le schéma de base (411 / 70x / 4457)
  • Calculer une facture en cascade en distinguant réductions commerciales (709 hors facture) et escompte (665, toujours comptabilisé)
  • Différencier port forfaitaire (taxable, compte 7085) et port débours (hors base de TVA)
  • Traiter la consignation et la reprise d'emballages ainsi que l'exigibilité de la TVA sur acompte

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P1.07 · BTS CG

Le suivi des créances  lettrage, relance et risque client

Une vente n'est achevée qu'une fois encaissée. Entre la facture et le virement, la créance client est l'actif le plus fragile du bilan : elle se lettre, se classe par ancienneté, se relance et, parfois, se déprécie jusqu'à la perte définitive.

Une vente n'est achevée qu'une fois encaissée. Entre la facture et le virement, la créance client est l'actif le plus fragile du bilan : elle se lettre, se classe par ancienneté, se relance et, parfois, se déprécie jusqu'à la perte définitive.

Le lettrage, préalable indispensable

Le lettrage rapproche chaque facture de son règlement : l'encours réellement dû est le total des écritures non lettrées. Un lettrage partiel — un client qui doit 9 000 € et ne verse que 4 000 € — doit laisser la facture ouverte pour son solde de 5 000 €, avec sa date d'échéance d'origine, faute de quoi la créance résiduelle disparaît du suivi et n'est plus jamais relancée.

Balance âgée et DSO

La balance âgée ventile l'encours non lettré par tranche d'ancienneté, calculée à partir de la date d'échéance et non de la date de facture. Le délai moyen de règlement (DSO, days sales outstanding) se calcule par ratio simple ou par la méthode d'épuisement, qui neutralise la saisonnalité. Sur le cas de la SAS Berthier Équipement, un encours de 528 000 € TTC pour un chiffre d'affaires de 3 168 000 € TTC donne un DSO de 60,8 jours par le ratio simple, contre 53,5 jours par la méthode d'épuisement — un écart qui s'explique par la progression des ventes en fin d'année.

De la relance graduée à la perte irrécouvrable

La relance s'organise en niveaux gradués, de l'appel préventif à la mise en demeure, avant l'injonction de payer ou le référé-provision. Quand le recouvrement devient incertain, la créance est virée au compte 416 pour son montant TTC ; sa dépréciation (compte 491, sur le hors taxes) relève des travaux d'inventaire. La perte définitive s'enregistre au compte 654 et permet de récupérer la TVA, sous réserve d'adresser au client un duplicata portant la mention de l'article 272 du CGI.

La fiche P1.07 vous apprend à :
  • Distinguer les quatre situations de lettrage (exact, groupé, partiel, avec écart) et leur traitement
  • Construire et interpréter une balance âgée à partir de la date d'échéance
  • Calculer le DSO par le ratio simple et par la méthode d'épuisement
  • Organiser une relance graduée et choisir la voie de recouvrement adaptée (injonction de payer, référé-provision)

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P1.08 · BTS CG

Les effets de commerce

La lettre de change et le billet à ordre transforment une créance ordinaire en titre négociable : ils sécurisent le recouvrement et permettent de mobiliser la trésorerie avant l'échéance, moyennant un vocabulaire précis et des comptes de transit qu'il faut savoir manier sans hésiter.

La lettre de change et le billet à ordre transforment une créance ordinaire en titre négociable : ils sécurisent le recouvrement et permettent de mobiliser la trésorerie avant l'échéance, moyennant un vocabulaire précis et des comptes de transit qu'il faut savoir manier sans hésiter.

Tireur, tiré, acceptation

Le tireur — le fournisseur — crée la lettre et donne l'ordre de payer ; le tiré — le client — doit payer. Chez le tireur, la créance passe du compte 411 au compte 413 « Effets à recevoir » ; chez le tiré, la dette passe du compte 401 au compte 403. L'acceptation, signature par laquelle le tiré s'engage, rend inopposables au porteur de bonne foi les litiges nés de la relation commerciale.

Encaissement ou escompte : deux logiques, deux comptes

La remise à l'encaissement (compte 5113) ne coûte qu'une commission : la banque reçoit un simple mandat, la propriété du titre reste au remettant. La remise à l'escompte (compte 5114) transfère la propriété et coûte un agio, composé de l'escompte proprement dit (compte 661, exonéré de TVA car il s'agit d'un intérêt) et de commissions (compte 627, avec TVA au 44566). Sur le cas de la SARL Lambert Outillage, un effet de 14 400 € escompté à 6,40 % sur 78 jours génère un agio de 214,08 € pour un net porté en compte de 14 185,92 € — soit un taux effectif proche de 7,15 % l'an une fois toutes les composantes prises en compte.

Impayé, protêt, renouvellement

Un effet impayé revient toujours à la charge du porteur, qui reprend la créance au compte 411 et refacture les frais bancaires au client défaillant. Le protêt faute de paiement doit être dressé dans l'un des deux jours ouvrables suivant l'échéance, sous peine de perdre les recours cambiaires. Un renouvellement, lui, annule l'ancien effet et en crée un nouveau, majoré d'intérêts de report calculés prorata temporis et non soumis à la TVA.

La fiche P1.08 vous apprend à :
  • Distinguer lettre de change et billet à ordre, et identifier tireur, tiré et bénéficiaire
  • Enregistrer la création et l'acceptation d'un effet (comptes 413 chez le tireur, 403 chez le tiré)
  • Différencier remise à l'encaissement (5113) et remise à l'escompte (5114) et leurs conséquences comptables
  • Calculer un agio d'escompte (escompte, commissions, TVA) et le net porté en compte

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P1.09 · BTS CG

Les opérations fournisseurs et les acquisitions d'immobilisations

Contrôler une facture d'achat, trancher entre charge et immobilisation, construire un coût d'acquisition ligne à ligne : trois gestes qui décident à la fois du résultat de l'exercice et de la valeur du bilan pour plusieurs années.

Contrôler une facture d'achat, trancher entre charge et immobilisation, construire un coût d'acquisition ligne à ligne : trois gestes qui décident à la fois du résultat de l'exercice et de la valeur du bilan pour plusieurs années.

Le rapprochement à trois, encore et toujours

Le processus achat va de l'expression du besoin au règlement, et la comptabilité n'en est que le dernier maillon. Le contrôle central reste le rapprochement de la facture avec le bon de commande et le bon de réception, complété par la vérification des mentions légales, des calculs et de la TVA. Toute anomalie s'alerte et se corrige par un avoir, jamais unilatéralement.

Charge ou immobilisation : la question à 500 €

Le critère décisif n'est pas le montant mais la durée d'utilisation : une dépense est immobilisée si elle procure des avantages économiques futurs sur plus d'un exercice. L'administration tolère toutefois le passage en charges des matériels, outillages, mobiliers de bureau et logiciels dont la valeur unitaire hors taxes n'excède pas 500 € — une tolérance écartée pour l'équipement initial ou le renouvellement complet du mobilier.

Construire le coût d'acquisition

Le coût d'acquisition comprend le prix d'achat net de remises et d'escompte de règlement, les taxes non récupérables et tous les coûts directement attribuables à la mise en état de fonctionner. Sur le cas de la SAS Vergne Mécanique, un prix brut de 84 000 € pour une machine de découpe, après remise de 5 %, escompte de 2 %, transport, droits de douane, montage et essais, aboutit à un coût d'acquisition de 86 254 € porté au compte 2154 — la formation à la mise en service et les frais administratifs restant, eux, hors de ce calcul.

Composants et financement

Les acomptes sur immobilisations transitent par le compte 238, jamais par le 4091 réservé à l'exploitation. Lorsqu'un bien comporte des éléments à remplacement régulier, la comptabilisation par composants ventile le coût dès l'origine entre la structure et chaque composant, chacun recevant son propre plan d'amortissement.

La fiche P1.09 vous apprend à :
  • Appliquer le rapprochement à trois voies au contrôle d'une facture fournisseur
  • Trancher entre charge et immobilisation selon le critère de durée d'utilisation et la tolérance des 500 € HT
  • Déterminer un coût d'acquisition d'immobilisation ligne à ligne (article 213-8 du PCG)
  • Distinguer les comptes des achats courants (401, 44566) de ceux des immobilisations (404, 44562, 238)

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P1.10 · BTS CG

Le rapprochement bancaire

Le compte 512 tenu par l'entreprise et le relevé adressé par la banque décrivent la même trésorerie et ne concordent pourtant presque jamais.

Le compte 512 tenu par l'entreprise et le relevé adressé par la banque décrivent la même trésorerie et ne concordent pourtant presque jamais. Expliquer chaque écart, équilibrer l'état et ne passer que les écritures qui s'imposent : c'est ce contrôle qui donne au poste « Disponibilités » sa valeur probante.

Le principe de réciprocité

Les deux comptes sont le miroir l'un de l'autre : ce que l'entreprise porte au débit, la banque le porte au crédit, et inversement. Sur un relevé présenté du point de vue de la banque, la colonne « Crédit » correspond donc aux encaissements de l'entreprise — une règle contre-intuitive mais essentielle avant tout pointage.

Trois familles d'écarts, deux traitements

Les décalages d'enregistrement (chèque émis non encore présenté) sont normaux et ne donnent jamais lieu à écriture : ils sont déjà comptabilisés côté entreprise. Les opérations connues de la seule banque (frais, agios, prélèvements, virements reçus, chèques impayés) manquent réellement dans les livres et doivent être enregistrées. Les erreurs, enfin, se traitent différemment selon leur origine : une erreur de l'entreprise se corrige par une écriture, une erreur de la banque se signale et se fait corriger par elle, sans jamais être comptabilisée.

Cinq étapes, un contrôle final

La méthode se déroule en cinq temps : pointer ligne à ligne par montant, isoler et qualifier les écarts, construire l'état en deux colonnes, vérifier l'égalité des soldes rapprochés, puis comptabiliser la seule colonne de l'entreprise. Sur le cas de la SARL Ferrand Distribution, un solde comptable de 8 462 € et un solde bancaire de 11 076 € se rejoignent après traitement à 8 966 € de part et d'autre — validant six écritures de régularisation (virement reçu, prélèvement, chèque impayé, frais, agios, correction d'erreur) et laissant de côté deux chèques en circulation et une erreur bancaire, qui ne donnent lieu à aucune écriture.

La fiche P1.10 vous apprend à :
  • Expliquer le principe de réciprocité entre le compte 512 de l'entreprise et le relevé bancaire
  • Qualifier chaque écart de rapprochement (décalage, opération bancaire, erreur de l'entreprise, erreur de la banque)
  • Construire un état de rapprochement en deux colonnes et vérifier l'égalité des soldes rapprochés
  • Passer les écritures de régularisation issues de la seule colonne de l'entreprise

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