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BTS CG · MODULE 2

CONTRÔLE ET PRODUCTION DE L'INFORMATION FINANCIÈRE

Contrôle et production de l'information financière — les fiches TabloNoir du module.

Le processus 2 produit l'information financière : travaux d'inventaire, amortissements et dépréciations, cessions, provisions, comptes annuels et affectation du résultat. Là où la comptabilité devient états financiers.

Les 11 notions du module

P2.01 · BTS CG

La veille réglementaire comptable et les options comptables

La règle comptable n'est jamais figée : le plan comptable général, issu du règlement ANC n° 2014-03, est modifié en permanence par de nouveaux textes de l'Autorité des normes comptables.

La règle comptable n'est jamais figée : le plan comptable général, issu du règlement ANC n° 2014-03, est modifié en permanence par de nouveaux textes de l'Autorité des normes comptables. Avant toute clôture, le technicien comptable doit donc savoir où trouver la règle en vigueur, mesurer son impact et connaître les options qu'elle laisse ouvertes à l'entreprise.

La veille réglementaire consiste à détecter ces évolutions, à en analyser l'impact sur les comptes, puis à décider, diffuser et archiver la trace de cette diligence. Deux producteurs de normes coexistent en France : l'Autorité des normes comptables (ANC), créée par l'ordonnance n° 2009-79 du 22 janvier 2009, dont les règlements ne s'appliquent qu'après homologation par arrêté ; et l'IASB, dont les normes IFRS ne sont obligatoires que pour les comptes consolidés des sociétés cotées sur un marché réglementé de l'Union européenne (règlement CE n° 1606/2002). Les comptes individuels français, eux, restent toujours établis selon le plan comptable général — même dans les groupes du CAC 40.

Des options qui déplacent le résultat, jamais la richesse

Le plan comptable général laisse à l'entité de véritables choix : évaluation des stocks (coût moyen pondéré ou premier entré premier sorti), activation ou non des frais de développement et des frais d'établissement, incorporation ou non des coûts d'emprunt, méthode à l'achèvement ou à l'avancement pour les contrats à long terme. Le cas pratique de la SAS Verilux l'illustre : cumuler trois options (stock en PEPS, activation des frais de développement, incorporation des coûts d'emprunt) améliore le résultat avant impôt de 67 520 € sur 180 000 €, mais coûte immédiatement 16 880 € d'impôt supplémentaire. Une option ne crée donc aucune richesse : elle déplace seulement du résultat — et de l'impôt — dans le temps.

Permanence des méthodes et changement

Une option choisie engage : le principe de permanence des méthodes (PCG, art. 121-5) interdit d'en changer sans justification d'une meilleure information financière, et tout changement se traite rétrospectivement, par le report à nouveau, à distinguer du changement d'estimation (traité de façon prospective) et de la correction d'erreur (imputée au résultat de l'exercice de découverte).

La fiche P2.01 vous apprend à :
  • Distinguer les rôles de l'ANC et de l'IASB et connaître le périmètre exact d'application obligatoire des IFRS
  • Organiser une veille réglementaire comptable structurée (sources, fréquence, fiche de veille, diffusion)
  • Identifier les principales options comptables ouvertes par le PCG (stocks, frais de développement, frais d'établissement, coûts d'emprunt, contrats à long terme)
  • Chiffrer l'incidence d'une option comptable sur le résultat, l'impôt exigible et la présentation du bilan

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P2.02 · BTS CG

La constitution de l'entreprise et les apports

Constituer une société, c'est faire naître une personne morale dotée d'un patrimoine propre : les associés promettent des apports, la société acquiert une créance sur eux, puis les apports sont réalisés.

Constituer une société, c'est faire naître une personne morale dotée d'un patrimoine propre : les associés promettent des apports, la société acquiert une créance sur eux, puis les apports sont réalisés. Toute la grammaire comptable de la constitution — comptes 456, 1011, 1012, 1013 et 109 — traduit ce passage de la promesse à la réalisation.

Trois catégories d'apports coexistent. L'apport en numéraire (de l'argent) et l'apport en nature (un bien évalué, le cas échéant par un commissaire aux apports) concourent tous deux à la formation du capital social. L'apport en industrie, mise à disposition d'un savoir-faire, n'y concourt jamais (C. civ., art. 1843-2) : il ne donne lieu à aucune écriture à la constitution, seulement à des parts d'industrie incessibles. Le capital social se lit à trois états successifs, tous associés au compte 101 : souscrit non appelé (1011), souscrit appelé non versé (1012), souscrit appelé versé (1013) — le solde non appelé figurant à l'actif au compte 109, en tête de bilan.

Deux temps, jamais un seul

La comptabilisation se fait toujours en deux temps : la promesse (débit du 456 « Associés — opérations sur le capital » et du 109 pour le non appelé, crédit du 1011 ou du 1012), puis la réalisation (débit d'un compte d'actif, crédit du 456, qui se solde), suivie du virement de capital (débit du 1012, crédit du 1013). La libération peut être partielle : un cinquième au moins des apports en numéraire en SARL, la moitié au moins en SAS et en SA, le solde devant être appelé dans les cinq ans de l'immatriculation. Les apports en nature, eux, sont toujours intégralement libérés dès la constitution.

L'associé défaillant

Le cas pratique de la SAS Novaterre illustre l'enchaînement complet : constitution au capital de 300 000 €, appel du solde, versement d'un associé, puis défaillance d'un autre — transférée au compte 4566 « Actionnaires défaillants » — avant régularisation avec intérêts de retard. Tant que le capital n'est pas intégralement libéré, la société ne peut ni bénéficier du taux réduit d'impôt sur les sociétés (CGI, art. 219, I-b), ni procéder à une augmentation de capital en numéraire.

La fiche P2.02 vous apprend à :
  • Distinguer les trois catégories d'apports (numéraire, nature, industrie) et leur traitement comptable respectif
  • Maîtriser le mécanisme en deux temps : promesse d'apport puis réalisation, via le compte 456
  • Justifier la présence du compte 109 à l'actif du bilan en contrepartie du capital souscrit non appelé
  • Appliquer le calendrier légal de libération du capital selon la forme sociale (SARL, SAS, SA)

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P2.03 · BTS CG

L'augmentation de capital

Financer la croissance, renforcer la structure financière ou effacer une dette : l'augmentation de capital emprunte trois voies très différentes — apports nouveaux, incorporation de réserves, conversion de dettes — et seule la première apporte réellement de l'argent frais à la société.

Financer la croissance, renforcer la structure financière ou effacer une dette : l'augmentation de capital emprunte trois voies très différentes — apports nouveaux, incorporation de réserves, conversion de dettes — et seule la première apporte réellement de l'argent frais à la société.

La décision relève de l'assemblée générale extraordinaire, qui peut déléguer sa mise en œuvre au conseil d'administration ou au président. Deux conditions encadrent strictement l'augmentation en numéraire : le capital antérieur doit être intégralement libéré, sous peine de nullité (C. com., art. L225-131), et les actions nouvelles doivent être libérées, dès la souscription, du quart au moins de leur nominal et de la totalité de la prime d'émission (art. L225-144) — une asymétrie qu'il faut savoir justifier : la prime n'est pas du capital, c'est un supplément d'apport qui doit être encaissé immédiatement.

Le droit préférentiel de souscription, mécanisme d'égalisation

Émettre une action nouvelle en dessous de sa valeur réelle dilue les anciens actionnaires. Le droit préférentiel de souscription (DPS) les protège : sa valeur théorique s'obtient par DPS = V − V', où V' = (N×V + n×E) / (N+n). Le cas pratique de la SA Ferralis, avec 40 000 actions à 65 € émettant 10 000 actions nouvelles à 41 €, donne une valeur théorique après opération de 60,20 € et un DPS de 4,80 € — vérifié par le contrôle 4 × 4,80 + 41,00 = 60,20 €. Lorsque l'augmentation résulte d'une incorporation de réserves, le même calcul s'applique avec un prix d'émission nul : c'est le droit d'attribution.

Trois modalités, trois effets sur le bilan

Seuls les apports nouveaux augmentent simultanément l'actif et les capitaux propres. L'incorporation de réserves ne modifie ni l'actif, ni la trésorerie, ni le total des capitaux propres : elle rend seulement indisponible une richesse déjà acquise. La conversion de dettes (compte courant, fournisseur, obligations convertibles) restructure le passif sans apporter de trésorerie mais améliore l'endettement. Les frais d'augmentation, enfin, peuvent être imputés sur la prime d'émission (traitement le plus fréquent), activés au compte 2013, ou passés en charges.

La fiche P2.03 vous apprend à :
  • Distinguer les trois modalités d'augmentation de capital (apports nouveaux, incorporation de réserves, conversion de dettes) et leurs effets respectifs sur le bilan
  • Vérifier les conditions juridiques préalables : libération intégrale du capital antérieur et libération minimale des actions nouvelles
  • Calculer la valeur théorique de l'action après une augmentation et en déduire la valeur du droit préférentiel de souscription
  • Calculer le droit d'attribution lors d'une incorporation de réserves et traiter une augmentation mixte étape par étape

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P2.04 · BTS CG

Les travaux d'inventaire  clients, fournisseurs et stocks

Compter, évaluer, rattacher : l'inventaire transforme une comptabilité de flux en une image fidèle du patrimoine à la clôture.

Compter, évaluer, rattacher : l'inventaire transforme une comptabilité de flux en une image fidèle du patrimoine à la clôture. L'article L123-12 du code de commerce impose de contrôler, au moins une fois tous les douze mois, l'existence et la valeur des éléments actifs et passifs — deux exigences distinctes qu'un stock présent mais invendable ne satisfait qu'à moitié.

Les stocks entrent au bilan au coût d'acquisition (biens achetés) ou au coût de production (biens fabriqués), toujours hors taxe déductible et toujours hors quote-part de sous-activité, qui reste une charge de l'exercice. Pour les sorties, seuls deux modes sont admis : le coût unitaire moyen pondéré (CUMP) et le premier entré, premier sorti (PEPS) — le dernier entré, premier sorti est interdit en France. En inventaire intermittent, organisation de la grande majorité des entreprises, deux écritures suffisent chaque année : annuler le stock initial, puis constater le stock final, via les comptes 603 (stocks achetés, en charges) ou 713 (stocks produits, en produits).

Stock ou créance : deux logiques de dépréciation à ne pas confondre

Un stock se déprécie lorsque sa valeur nette de réalisation — prix de vente estimé diminué des coûts d'achèvement et de commercialisation — devient inférieure à son coût. En inventaire intermittent, la dépréciation du stock initial est intégralement reprise, et une dépréciation entièrement nouvelle est dotée sur le stock final : on ne raisonne jamais par ajustement du solde antérieur, contrairement aux créances. Une créance devient douteuse dès que son recouvrement est incertain : elle est virée au compte 416 pour son montant toutes taxes comprises, puis dépréciée sur son seul montant hors taxes — car la TVA sera récupérée (CGI, art. 272) en cas de perte définitive.

Rattacher ce qui n'a pas encore de facture

Le cas pratique de la SARL Vosges Distribution, qui suit trois clients douteux sur trois exercices, montre que le mécanisme de dépréciation ne modifie pas le montant total de la charge : il la répartit sur les exercices où le risque devient probable. Les comptes 408, 418, 4098 et 4198 rattachent enfin à l'exercice les factures non parvenues, les factures à établir et les avoirs attendus, tandis que les créances et dettes en devises sont réévaluées au cours de clôture via les comptes 476 et 477.

La fiche P2.04 vous apprend à :
  • Comprendre l'obligation légale d'inventaire (existence et valeur) et son articulation avec le principe d'indépendance des exercices
  • Déterminer le coût d'entrée d'un stock acheté ou produit et appliquer le CUMP ou le PEPS aux sorties
  • Passer les deux écritures de l'inventaire intermittent et choisir le bon compte de variation (603 ou 713)
  • Calculer une dépréciation de stock à partir de la valeur nette de réalisation, sans la confondre avec la dépréciation d'une créance

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P2.05 · BTS CG

Les amortissements et les dépréciations d'immobilisations

Amortir, c'est répartir un coût sur la durée d'utilisation d'un bien ; déprécier, c'est constater une perte de valeur imprévue. Deux mécanismes distincts, deux jeux de comptes, une seule exigence commune : un plan justifié, appliqué avec permanence et révisé de façon prospective en cas d'accident.

Amortir, c'est répartir un coût sur la durée d'utilisation d'un bien ; déprécier, c'est constater une perte de valeur imprévue. Deux mécanismes distincts, deux jeux de comptes, une seule exigence commune : un plan justifié, appliqué avec permanence et révisé de façon prospective en cas d'accident.

L'amortissement est « la répartition systématique du montant amortissable d'un actif en fonction de son utilisation » (PCG, art. 214-1) : il constate la consommation des avantages économiques attendus, pas la perte de valeur du marché. La base amortissable est le coût d'entrée diminué de la valeur résiduelle — lorsque celle-ci est significative et mesurable, cas rare en pratique. Trois modes traduisent trois rythmes de consommation : le linéaire (le temps, mode par défaut), les unités d'œuvre (l'activité réelle), et le dégressif, qui n'est pas un mode économique mais un régime fiscal d'incitation à l'investissement (CGI, art. 39 A), avec un coefficient de 1,25, 1,75 ou 2,25 selon la durée.

Deux points de départ à ne jamais confondre

Le linéaire démarre à la date de mise en service ; le dégressif fiscal démarre le premier jour du mois d'acquisition. Le cas pratique de la SAS Mécanor, un centre d'usinage à 64 000 € amorti sur cinq ans, illustre l'écart : 8 mois d'annuité linéaire contre 9 mois d'annuité dégressive dès la première année. Sur la durée totale du plan, les deux totaux d'amortissement sont rigoureusement identiques : seule la répartition dans le temps diffère, l'écart transitant par le compte 145 « Amortissements dérogatoires ».

La dépréciation, un accident conditionnel

Contrairement à l'amortissement, la dépréciation ne se constate que s'il existe un indice de perte de valeur (PCG, art. 214-17). Le test compare alors la valeur nette comptable à la valeur actuelle, elle-même égale au plus élevé de la valeur vénale et de la valeur d'usage. Chez Mécanor, la perte d'un client fait chuter la valeur actuelle sous la VNC : une dépréciation de 5 366,67 € est constatée, ce qui modifie la base amortissable pour l'avenir — le plan est révisé de manière prospective sur la durée résiduelle, sans jamais retoucher les dotations déjà passées.

La fiche P2.05 vous apprend à :
  • Distinguer la logique de l'amortissement (répartition programmée) de celle de la dépréciation (constat conditionnel d'une perte de valeur)
  • Déterminer la base amortissable d'un bien et justifier le choix entre linéaire, unités d'œuvre et dégressif
  • Construire un plan d'amortissement dégressif avec application de la règle de bascule vers le linéaire résiduel
  • Passer les écritures d'amortissement, d'amortissement dérogatoire (68725/145) et de dépréciation (6816/29xx)

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P2.06 · BTS CG

Les cessions et sorties d'immobilisations

Vendre, mettre au rebut ou perdre une immobilisation, c'est la faire disparaître du bilan en trois temps rigoureusement ordonnés : compléter l'amortissement jusqu'à la date de sortie, constater le produit de cession, puis sortir l'actif pour sa valeur nette comptable.

Vendre, mettre au rebut ou perdre une immobilisation, c'est la faire disparaître du bilan en trois temps rigoureusement ordonnés : compléter l'amortissement jusqu'à la date de sortie, constater le produit de cession, puis sortir l'actif pour sa valeur nette comptable. Inverser cet ordre fausse systématiquement la plus-value.

Depuis le règlement ANC n° 2022-06, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, la cession d'immobilisation n'est plus exceptionnelle : les comptes 675 et 775 sont remplacés par les comptes 652 (valeur comptable cédée) et 757 (produit de cession), tous deux classés en résultat d'exploitation. Le résultat comptable de cession, différence entre le 757 et le 652, s'apprécie en tenant compte aussi de la reprise de dépréciation (7816) et de la reprise d'amortissement dérogatoire (78725).

Le cas de la SARL Transalp : trois écritures qui s'enchaînent

Un véhicule utilitaire acquis 36 000 € HT, déprécié de 1 000 € puis cédé 15 000 € HT après 23 100 € d'amortissements cumulés, dégage une plus-value comptable de 2 100 €, mais l'amortissement complémentaire de 5 100 € pèse davantage sur le résultat que la plus-value ne l'améliore : l'impact net de l'opération sur l'exercice est négatif de 2 000 €. La dépréciation antérieure est reprise pour son solde intégral, indépendamment du prix obtenu, car son motif disparaît avec l'actif lui-même.

TVA et plus-value fiscale

La cession d'un bien mobilier d'investissement par un assujetti est en principe soumise à la TVA ; à défaut, une régularisation de la taxe initialement déduite peut être exigée, par cinquièmes pour les meubles et par vingtièmes pour les immeubles, sur la période de régularisation restant à courir (CGI, annexe II, art. 207). Fiscalement, la plus-value se ventile en court terme, à hauteur des amortissements déduits, et en long terme au-delà : le court terme est imposé au barème de l'impôt sur le revenu (avec étalement possible sur trois exercices), le long terme à 12,8 % majoré de 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %.

La fiche P2.06 vous apprend à :
  • Appliquer la chronologie en trois temps de la sortie d'une immobilisation : amortissement complémentaire, produit de cession, sortie de l'actif
  • Utiliser les comptes 652 et 757 (résultat d'exploitation depuis le règlement ANC n° 2022-06) en remplacement des anciens comptes 675 et 775
  • Distinguer les quatre modes de sortie (cession, mise au rebut, destruction, apport) et leur traitement comptable propre
  • Déterminer le régime de TVA applicable à une cession d'immobilisation et calculer une éventuelle régularisation

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P2.07 · BTS CG

Les ajustements de charges et de produits, les comptes d'attente

Au 31 décembre, il faut trancher : cet euro appartient-il à l'exercice qui s'achève ou à celui qui commence ? Le principe d'indépendance des exercices (PCG, art.

Au 31 décembre, il faut trancher : cet euro appartient-il à l'exercice qui s'achève ou à celui qui commence ? Le principe d'indépendance des exercices (PCG, art. 513-4) impose de rattacher à chaque exercice les charges et les produits qui le concernent, quelle que soit la date de la facture ou du règlement — et le décalage entre le fait générateur comptable et le document justificatif est la source unique de tous les ajustements.

Ce décalage joue dans deux sens, produisant exactement quatre écritures possibles. Lorsque le fait est intervenu mais que le document manque, il faut créer une charge à payer (comptes 408, 428, 438, 448 selon le tiers, avec TVA en 44586) ou un produit à recevoir (comptes 418, 4387, 4487, avec TVA en 44587). Lorsque le document existe déjà mais couvre une période qui déborde sur l'exercice suivant, il faut retirer du résultat la fraction excédentaire, via une charge constatée d'avance (compte 486, actif) ou un produit constaté d'avance (compte 487, passif) — toujours calculée hors taxes, au prorata temporis.

Le compte d'attente, un outil de saisie jamais un compte de bilan

Les comptes 471 et 472 logent provisoirement une opération non identifiée, mais l'article 512-2 du PCG impose de les apurer, au plus tard, à la clôture de l'exercice : un solde résiduel non expliqué se vire en 7718 (produit) ou 6718 (charge), en documentant la recherche menée. S'y ajoutent les intérêts courus non échus sur emprunts (compte 1688) et sur placements (compte 5088), calculés au prorata temporis sur le capital restant dû.

Le cas pratique Ardennes Équipements

Six ajustements — électricité non facturée, assurance payée d'avance, livraison non facturée, maintenance encaissée d'avance, intérêts courus, provision pour litige prud'homal — font varier le résultat provisoire de 84 500 € à 77 000 €, soit près de 9 % à la baisse, sans qu'aucun flux de trésorerie nouveau ne soit intervenu : la preuve la plus nette que le résultat comptable n'est pas la trésorerie.

La fiche P2.07 vous apprend à :
  • Appliquer la méthode en trois questions pour qualifier tout ajustement de fin d'exercice (fait générateur, écriture déjà passée, certitude ou probabilité)
  • Distinguer les quatre écritures de rattachement : charges à payer, produits à recevoir, charges et produits constatés d'avance
  • Calculer un prorata temporis et l'appliquer correctement aux comptes 486 et 487
  • Apurer un compte d'attente (471/472) en suivant une démarche d'investigation documentée

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P2.08 · BTS CG

Les provisions réglementées et les amortissements dérogatoires

Quand la règle fiscale autorise une déduction que la règle comptable ne justifie pas, il faut comptabiliser l'avantage sans dénaturer le résultat.

Quand la règle fiscale autorise une déduction que la règle comptable ne justifie pas, il faut comptabiliser l'avantage sans dénaturer le résultat. C'est tout l'objet des provisions réglementées, comptes 14 inscrits dans les capitaux propres, dont l'amortissement dérogatoire (compte 145) est la figure la plus fréquente.

La comptabilité française est « connectée » à la fiscalité (CGI, ann. III, art. 38 quater), et l'article 39, 1, 2° du CGI subordonne la déduction fiscale des amortissements à leur inscription en comptabilité : sans écriture, pas de déduction. Le plan comptable général tranche ce dilemme en comptabilisant les deux amortissements séparément : l'amortissement économique reste en charge d'exploitation, tandis que le supplément purement fiscal — le plus souvent issu de l'écart entre le mode dégressif fiscal (CGI, art. 39 A) et le mode linéaire comptable — est isolé dans une provision réglementée, qui n'est pas une vraie provision au sens de l'article 322-1 : elle ne couvre ni risque, ni charge probable.

Un cycle en deux temps qui se solde toujours à zéro

Tant que l'annuité fiscale dépasse l'annuité comptable, on dote (débit 68725, crédit 145) ; lorsque le rapport s'inverse, on reprend (débit 145, crédit 78725). Le cas pratique de la SARL Vosges Injection, une presse à 120 000 € amortie en dégressif à 35 %, illustre la courbe en cloche du compte 145 : dotations de 18 000 € puis 3 300 € (point haut à 21 300 €), puis reprises jusqu'au solde nul en fin de plan. Sur la durée totale, la somme des dotations égale toujours la somme des reprises — c'est un contrôle arithmétique systématique.

Une dette d'impôt latente dans les capitaux propres

Les provisions réglementées renforcent les capitaux propres mais n'ont jamais supporté l'impôt : elles portent une dette d'impôt latente (non comptabilisée en comptes individuels, mais éliminée en consolidation contre un impôt différé passif) et ne sont pas librement distribuables. La provision pour hausse des prix (CGI, art. 39, 1, 5°, compte 143) reste le seul autre dispositif de portée générale ; la provision pour investissement et l'amortissement exceptionnel des logiciels sur 12 mois ont, eux, été supprimés.

La fiche P2.08 vous apprend à :
  • Comprendre le principe de connexion entre comptabilité et fiscalité et la raison d'être des provisions réglementées
  • Distinguer une provision réglementée (compte 14) d'une provision pour risques et charges (compte 15) et d'une dépréciation
  • Construire un plan d'amortissement dégressif fiscal et calculer, exercice par exercice, la dotation ou la reprise dérogatoire
  • Passer les écritures de dotation (68725/145) et de reprise (145/78725) et vérifier que le compte 145 se solde à zéro en fin de plan

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P2.09 · BTS CG

Les comptes annuels  bilan, compte de résultat, annexe

Le bilan, le compte de résultat et l'annexe forment un tout indissociable (C. com., art. L123-13), extrait d'un seul document de travail : la balance après inventaire.

Le bilan, le compte de résultat et l'annexe forment un tout indissociable (C. com., art. L123-13), extrait d'un seul document de travail : la balance après inventaire. Les soldes des comptes des classes 1 à 5 alimentent le bilan, ceux des classes 6 et 7 le compte de résultat — aucun solde n'échappe à ce tri, ce qui permet un contrôle réflexe puissant : le résultat doit se retrouver identique par produits moins charges et par actif net moins capitaux propres antérieurs, provisions et dettes.

L'actif du bilan se lit sur trois colonnes — brut, amortissements et dépréciations, net — mais seule la colonne « net » est totalisée et comparée au passif. Le compte de résultat, présenté en liste, enchaîne quatre résultats intermédiaires : le résultat d'exploitation, le résultat financier, leur somme (résultat courant avant impôts), puis le résultat exceptionnel, avant le résultat net après participation et impôt.

Le règlement ANC n° 2022-06 déplace la performance

Applicable aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, ce règlement réserve désormais le résultat exceptionnel aux seuls événements majeurs et inhabituels. Conséquence directe : les cessions d'immobilisations, autrefois logées aux comptes 675/775, basculent en résultat d'exploitation via les comptes 657 et 757. Le cas pratique de la SAS Belfort Composites le montre : la cession d'un matériel qui aurait généré une plus-value exceptionnelle de 3 000 € sous l'ancien plan améliore désormais directement le résultat d'exploitation, sans changer le résultat net final — mais en modifiant l'excédent brut d'exploitation et tous les ratios qui en découlent.

Trois systèmes, des seuils relevés en 2024

Trois systèmes de présentation coexistent — abrégé, de base, développé — selon des seuils fixés à l'article D123-200 du code de commerce et relevés de 25 % par le décret n° 2024-152 du 28 février 2024 (micro-entreprise : 450 000 € · 900 000 € · 10 salariés ; petite entreprise : 7 500 000 € · 15 000 000 € · 50 salariés). L'annexe, troisième état à part entière et non facultative, obéit au principe d'importance relative et se compose de trois blocs : règles et méthodes comptables, compléments au bilan et au compte de résultat, engagements hors bilan et événements postérieurs.

La fiche P2.09 vous apprend à :
  • Comprendre le passage de la balance après inventaire aux trois documents de synthèse et appliquer le contrôle réflexe du résultat par deux voies
  • Lire correctement les trois colonnes de l'actif du bilan (brut, amortissements et dépréciations, net) et les quatre masses du passif
  • Construire un compte de résultat en liste selon la cascade des résultats intermédiaires (exploitation, financier, courant, exceptionnel)
  • Appliquer les nouvelles règles du règlement ANC n° 2022-06 sur le classement des cessions d'immobilisations (comptes 657 et 757)

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P2.10 · BTS CG

L'affectation du résultat

Le bénéfice inscrit au passif du bilan n'appartient pas encore aux associés : il peut correspondre à des créances non encaissées, à des stocks, à des immobilisations financées par autofinancement.

Le bénéfice inscrit au passif du bilan n'appartient pas encore aux associés : il peut correspondre à des créances non encaissées, à des stocks, à des immobilisations financées par autofinancement. Décider de le distribuer est un acte juridique distinct, réservé à l'assemblée générale ordinaire, qui doit se tenir dans les six mois de la clôture (C. com., art. L225-100 et L223-26).

L'affectation part du bénéfice distribuable défini avec précision par l'article L232-11 du code de commerce : bénéfice de l'exercice, diminué des pertes antérieures et de la réserve légale, augmenté du report à nouveau créditeur — dans cet ordre exact, car la réserve légale se calcule toujours sur le seul bénéfice de l'exercice, jamais sur une base incluant le report à nouveau. La réserve légale (compte 1061) est le seul prélèvement imposé par la loi : un vingtième au moins du bénéfice, jusqu'à ce qu'elle atteigne le dixième du capital social — la dotation retenue étant toujours le plus petit des deux montants entre la dotation théorique et le manque à combler pour atteindre ce plafond.

Premier dividende, superdividende et le piège de l'augmentation de capital

Les statuts organisent souvent une distribution en deux couches : le premier dividende (ou intérêt statutaire), calculé sur le montant libéré et non remboursé des actions, puis le superdividende, réparti de manière strictement égale entre toutes les actions. Le cas pratique de la SA Metz Instrumentation illustre l'ensemble du mécanisme, jusqu'au piège classique : une augmentation de capital antérieure relève le plafond de la réserve légale et peut faire renaître une obligation de dotation que l'on croyait éteinte.

La fiscalité du dividende relevée en 2026

Le dividende versé à un associé personne physique supporte par défaut le prélèvement forfaitaire unique, dont le taux global est passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % auparavant), l'option pour le barème progressif restant ouverte avec un abattement de 40 % sur le seul montant brut du dividende.

La fiche P2.10 vous apprend à :
  • Distinguer l'approbation des comptes et la décision d'affectation du résultat, deux résolutions distinctes de l'assemblée générale ordinaire
  • Calculer le bénéfice distribuable en respectant l'ordre exact des étapes de l'article L232-11 du code de commerce
  • Calculer la dotation à la réserve légale en tenant compte du plafond de 10 % du capital social et du risque de renaissance après augmentation de capital
  • Calculer un premier dividende (intérêt statutaire) et un superdividende, et passer l'écriture d'affectation

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P2.11 · BTS CG

Archivage, contrôle externe et information de consolidation

Produire les comptes ne suffit pas : il faut pouvoir en administrer la preuve, parfois dix ans plus tard, devant un juge, un banquier ou un vérificateur.

Produire les comptes ne suffit pas : il faut pouvoir en administrer la preuve, parfois dix ans plus tard, devant un juge, un banquier ou un vérificateur. L'article L123-22 du code de commerce impose la conservation des documents comptables et des pièces justificatives pendant dix ans, tandis que l'article L102 B du livre des procédures fiscales fixe une durée fiscale de six ans — la règle opératoire consistant toujours à retenir la durée la plus longue applicable à chaque document.

Depuis le 1er janvier 2014, toute comptabilité tenue au moyen de systèmes informatisés doit pouvoir être remise sous la forme d'un fichier des écritures comptables (FEC) normalisé à dix-huit champs obligatoires, dont le nom suit le format SIREN + FEC + AAAAMMJJ (LPF, art. L47 A-I et A47 A-1). Le défaut de présentation d'un fichier conforme est sanctionné par une amende de 5 000 € — ou 10 % des droits rappelés si ce montant est plus élevé (CGI, art. 1729 D) — et peut ouvrir la voie à une évaluation d'office des bases d'imposition.

Trois voies de contrôle externe aux garanties différentes

La vérification de comptabilité se déroule sur place, avec un débat oral et contradictoire obligatoire et une durée limitée à trois mois pour les petites entreprises (LPF, art. L13, L47, L52). L'examen de comptabilité se déroule à distance à partir du seul fichier des écritures comptables, transmis en quinze jours, l'administration disposant ensuite de six mois. Le droit de communication, enfin, permet une simple collecte d'informations sans les garanties attachées à un contrôle.

Contrôle et intérêt : deux pourcentages, deux logiques

Lorsqu'une société en contrôle d'autres, elle doit établir des comptes consolidés (C. com., art. L233-16), sauf exemption pour les ensembles qui ne constituent pas un « grand groupe » au sens de l'article D230-2 (30 M€ de bilan, 60 M€ de chiffre d'affaires, 250 salariés). Le cas pratique du groupe Meuse Industries illustre la distinction cruciale entre pourcentage de contrôle (qui s'additionne et détermine la méthode — intégration globale, intégration proportionnelle ou mise en équivalence) et pourcentage d'intérêt (qui se multiplie le long des chaînes de détention et détermine le partage des capitaux propres avec les intérêts minoritaires).

La fiche P2.11 vous apprend à :
  • Déterminer la durée de conservation applicable à un document comptable, fiscal ou social en retenant systématiquement la plus longue
  • Comprendre les conditions de la valeur probante d'un document archivé électroniquement (intégrité, traçabilité, pérennité)
  • Constituer un fichier des écritures comptables conforme et identifier les causes fréquentes de non-conformité
  • Distinguer les trois voies du contrôle fiscal externe (vérification, examen de comptabilité, droit de communication) et leurs garanties respectives

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