MARKETING DES SERVICES ET MARKETING ÉTHIQUE
Pas de produit physique ? D'autres règles, mêmes enjeux.

L'économie est devenue servicielle, et un service ne se vend pas comme un produit : il est intangible, se produit en même temps qu'il se consomme, ne se stocke pas, et sa qualité dépend de la personne qui le rend. Ce module explore les lois propres du marketing des services — et l'exigence montante d'un marketing éthique et responsable, où la promesse doit se prouver.
Les 6 notions du module
Le mix-marketing des services (10p
Les 4 spécificités des services (Zeithaml, Parasuraman & Berry, 1985) — intangibilité, inséparabilité, hétérogénéité, périssabilité — rendent le mix classique des 4P insuffisant. Booms & Bitner (1981) ajoutent 3P services : People (personnel), Process (processus), Physical Evidence (preuves tangibles). Le mix peut s'étendre jusqu'à 10P : + Partnership, Performance, Purpose. Pilier opérationnel : la Service-Profit Chain (Heskett) — investir dans les employés crée la satisfaction client qui génère la profitabilité.
On ne stocke pas un vol d'avion, on ne « reprend » pas un mauvais accueil : vendre un service n'a rien à voir avec vendre un produit. Pourquoi les 4P classiques ne suffisent-ils plus ?
Les quatre spécificités des services
Quatre caractéristiques, identifiées par Zeithaml, Parasuraman & Berry (1985), rendent le mix des 4P insuffisant :
- Intangibilité — le client ne peut pas évaluer avant d'acheter ; il faut tangibiliser la promesse.
- Inséparabilité — production et consommation sont simultanées ; la qualité dépend du personnel en contact.
- Hétérogénéité — chaque prestation varie ; les processus standardisés réduisent la variabilité.
- Périssabilité — la capacité non utilisée est perdue ; il faut la gérer par les processus et les partenariats.
Du 4P au 7P, puis au 10P
Booms & Bitner (1981) ont ajouté trois leviers pour répondre à ces spécificités : Personnel (People), Processus (Process) et Preuves physiques (Physical Evidence), formant le modèle 7P. Le mix s'est ensuite enrichi jusqu'à 10P : le Partenariat (8e P), le Permission Marketing (9e P) et la Purple Cow (10e P).
Le 5e P — Personnel : le service, c'est la personne
Dans les services à forte interaction, le personnel en contact est le service aux yeux du client : le médecin est le soin, le serveur est le restaurant, le conseiller est la banque. Le concept de « marketing interne » (Grönroos, 1981) affirme que l'entreprise doit d'abord « vendre » son projet de service à ses employés avant de pouvoir le vendre aux clients.
La chaîne Service-Profit (Heskett, 1994)
Ce modèle établit un lien causal direct : un bon management interne produit la satisfaction des employés, qui produit leur fidélité (faible turnover), qui produit la qualité du service, qui produit la satisfaction des clients, leur fidélité, et in fine la croissance et la rentabilité. Le budget de formation n'est donc pas une charge mais un investissement.
• Les quatre spécificités des services — intangibilité, inséparabilité, hétérogénéité, périssabilité (Zeithaml, Parasuraman & Berry, 1985) — rendent le mix classique des 4P insuffisant. Booms & Bitner (1981) ont ajouté trois leviers : Personnel (People), Processus (Process) et Preuves physiques (Physical Evidence), formant le modèle 7P. Depuis, le mix s'est enrichi jusqu'à 10P avec le Partenariat (8P), le Permission Marketing (9P) et la Purple Cow (10P). Cette fiche se concentre sur les P supplémentaires (du 5e au 10e) qui constituent la véritable valeur ajoutée du marketing des services. Pour les 4P classiques adaptés aux services, voir MKG-4.09 (Du 4P au 10P).
- Expliquer les quatre spécificités des services selon Zeithaml, Parasuraman & Berry (1985)
- Relier chaque spécificité au P qui y répond dans le mix des services
- Retracer l'évolution du 4P au 7P (Booms & Bitner, 1981) puis au 10P
- Nommer les P supplémentaires : Personnel, Processus, Preuves physiques, Partenariat, Permission, Purple Cow
Pour aller au bout de la notion : la fiche 9.01 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €
Le modèle SERVQUAL
SERVQUAL (Parasuraman, Zeithaml & Berry, 1985, 1988) est l'outil de référence pour mesurer la qualité perçue d'un service. Postulat : la qualité de service n'est pas un absolu objectif, c'est l'écart entre service attendu et service perçu par le client. 5 dimensions (RATER) : Reliability (fiabilité), Assurance (assurance), Tangibles (éléments tangibles), Empathy (empathie), Responsiveness (réactivité). Modèle des 5 gaps identifie les sources de défaillance (compréhension, conception, exécution, communication, perception finale).
Deux clients reçoivent exactement le même service : l'un est ravi, l'autre furieux. Comment mesurer une qualité qui n'existe que dans l'œil de celui qui la juge ?
Le postulat : Qualité = Perception − Attentes
Le modèle SERVQUAL, développé par Parasuraman, Zeithaml & Berry (1985, 1988), est l'outil de référence pour mesurer la qualité perçue d'un service. Son postulat fondateur : la qualité n'est pas un absolu objectif, c'est l'écart entre le service attendu et le service perçu. La formule s'écrit Q = P − E (qualité = perception − attentes).
Les trois zones du score d'écart
- Q > 0 — le perçu dépasse l'attendu : zone d'enchantement. Le client est positivement surpris et devient promoteur. Action : capitaliser et systématiser ce qui enchante.
- Q = 0 — le service correspond aux attentes : zone de satisfaction. Le client est satisfait sans être impressionné. Action : maintenir et chercher la différenciation.
- Q < 0 — le perçu est en deçà de l'attendu : zone d'insatisfaction. Le client est déçu. Action : identifier le gap et corriger en priorité.
Ce qui forme les attentes du client
Les attentes ne naissent pas dans le vide. Quatre sources les façonnent : le bouche-à-oreille et les avis en ligne, les besoins personnels, l'expérience passée, et la communication de l'entreprise. C'est cette dernière que l'entreprise maîtrise — et celle qui crée le plus de déceptions quand la promesse dépasse la réalité (Gap 4).
Les cinq dimensions de la qualité
- Fiabilité — réaliser le service promis de manière exacte et constante ; la dimension la plus importante selon les études.
- Assurance — compétence et courtoisie inspirant confiance.
- Empathie — attention individualisée portée au client.
- Réactivité — volonté d'aider rapidement.
- Tangibilité — apparence des installations, du personnel et des supports.
Le modèle identifie en outre cinq gaps organisationnels qui causent la non-qualité, faisant de SERVQUAL un instrument de diagnostic autant qu'un outil de pilotage.
• Le modèle SERVQUAL, développé par Parasuraman, Zeithaml & Berry (1985, 1988), est l'outil de référence pour mesurer la qualité perçue d'un service. Son postulat fondateur : la qualité de service n'est pas un absolu objectif, c'est l'écart entre ce que le client attend (service attendu) et ce qu'il perçoit avoir reçu (service perçu). Quand le perçu dépasse l'attendu, le client est satisfait ; quand l'attendu dépasse le perçu, il est insatisfait. SERVQUAL mesure cet écart sur cinq dimensions (fiabilité, assurance, empathie, réactivité, tangibilité) et identifie cinq gaps organisationnels qui causent la non-qualité. C'est à la fois un instrument de diagnostic et un outil de pilotage de l'amélioration continue.
- Énoncer le postulat de SERVQUAL : la qualité perçue est l'écart entre attentes et perception
- Appliquer la formule Q = P − E et interpréter le signe du score
- Distinguer les zones d'enchantement, de satisfaction et d'insatisfaction
- Identifier les quatre sources qui forment les attentes du client
Pour aller au bout de la notion : la fiche 9.02 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €
La fleur des services
La fleur des services (Lovelock, 1992 ; Lovelock & Wirtz) décompose toute offre de service en un cœur (le service de base) entouré de 8 pétales regroupés en 2 familles : 4 pétales facilitants (information, prise de commande, facturation, paiement) et 4 pétales valorisants (consultation, hospitalité, garde-attentions, exceptions). Les facilitants doivent être fiables et fluides ; les valorisants créent la différenciation. Une fleur cohérente et harmonieuse = expérience supérieure.
Deux hôtels offrent la même chambre au même prix : pourquoi l'un vous fidélise et l'autre vous exaspère ? La réponse ne tient pas au lit, mais aux huit « pétales » qui entourent le service.
Le cœur et les huit pétales de Lovelock
La fleur des services, conceptualisée par Christopher Lovelock (1992, actualisée par Lovelock & Wirtz), décompose toute offre en un cœur — le service de base — entouré de huit pétales. Le service de base est le bénéfice central (se déplacer, se soigner, dormir, manger) mais il différencie rarement : tous les hôtels offrent une chambre, toutes les banques un compte courant. La différenciation se joue donc sur les pétales.
Quatre pétales facilitants
Ils forment l'infrastructure minimale sans laquelle la transaction ne peut se conclure :
- Information — avant, pendant et après la prestation (tarifs, suivi, contact en cas de problème) ; sa qualité se mesure à l'exactitude, la clarté, l'accessibilité.
- Prise de commande / réservation — l'accès au service.
- Facturation — lisible et exacte.
- Paiement — fluide.
Bien faits, ils passent inaperçus ; défaillants, ils deviennent une source majeure d'irritation.
Quatre pétales de soutien
Non strictement nécessaires, ils enrichissent l'expérience et construisent la préférence : le conseil, l'hospitalité (accueil), la sécurité (protection) et les exceptions (gestion des demandes particulières et des problèmes). Un welcome drink personnalisé ou une gestion exemplaire d'un problème de chambre crée une expérience mémorable autour d'un service banalisé.
La métaphore florale comme outil de conception
Si un seul pétale est abîmé, la fleur entière perd de sa beauté : un service de base excellent peut être détruit par une facturation incompréhensible ou un accueil glacial. La fleur des services est ainsi un outil de conception stratégique de l'offre qui force le manageur à penser au-delà de son cœur de métier.
• La fleur des services, conceptualisée par Christopher Lovelock (1992, actualisée par Lovelock & Wirtz), est un modèle qui décompose toute offre de service en un cœur (le service de base) entouré de huit pétales regroupés en deux familles : quatre pétales facilitants (information, prise de commande, facturation, paiement) qui rendent le service de base possible, et quatre pétales de soutien (conseil, hospitalité, sécurité, exceptions) qui enrichissent l'expérience et créent la différenciation. La métaphore florale illustre une réalité stratégique : si un seul pétale est abîmé, la fleur entière perd de sa beauté — autrement dit, un service de base excellent peut être détruit par une facturation incompréhensible ou un accueil glacial.
- Distinguer le service de base (cœur) des huit pétales qui l'entourent
- Classer un pétale dans la famille facilitants ou soutien selon sa fonction
- Identifier les quatre pétales facilitants : information, prise de commande, facturation, paiement
- Identifier les quatre pétales de soutien : conseil, hospitalité, sécurité, exceptions
Pour aller au bout de la notion : la fiche 9.03 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €

Le Serviscape (environnement de service)
Le servicescape (contraction de Service + Landscape, Mary Jo Bitner, 1992) désigne l'environnement physique dans lequel un service est délivré et consommé. Bitner démontre que cet environnement n'est PAS un simple décor : il influence directement les émotions, comportements et performances de service. Modèle S.O.R. (Stimulus -> Organisme -> Réponse) : les stimuli sensoriels (vue, son, odeur, toucher, température) génèrent des émotions PAD (Plaisir, Activation, Dominance) qui déclenchent des comportements d'approche ou d'évitement.
Pourquoi ressortez-vous d'un magasin après trente secondes, ou au contraire y restez-vous vingt minutes de plus ? L'environnement physique n'est pas un décor : c'est un levier stratégique mesurable.
Le Serviscape selon Bitner
Le Serviscape (contraction de Service et Landscape) est un concept développé par Mary Jo Bitner (1992). Il désigne l'environnement physique dans lequel un service est délivré et consommé, et démontre que cet environnement influence directement les émotions, les comportements et les évaluations du client et du personnel qui partagent le même lieu.
Le modèle S.O.R.
Le mécanisme repose sur le modèle Stimulus–Organisme–Réponse, issu de la psychologie environnementale de Mehrabian & Russell (1974) :
- S — Stimuli : les éléments perceptibles par les cinq sens (couleurs, lumière, musique, odeurs, température).
- O — Organisme : les états émotionnels internes, selon trois dimensions — le Plaisir (agréable/désagréable), l'Activation (stimulant/relaxant) et la Dominance (sentiment de contrôle).
- R — Réponse : les comportements d'approche (rester, explorer, dépenser, revenir, recommander) ou d'évitement (partir vite, ne pas revenir, déconseiller).
Les trois dimensions du Serviscape
Bitner structure l'environnement en trois dimensions. Les conditions ambiantes sont les stimuli de fond agissant souvent de façon subconsciente : les tons chauds (rouge, orange) stimulent et accélèrent le rythme, les tons froids (bleu, vert) apaisent et incitent à rester ; un éclairage tamisé évoque le haut de gamme. S'y ajoutent l'aménagement de l'espace/fonctionnalité et la signalétique/symboles.
Deux populations, un même lieu
Le modèle s'applique aux clients comme au personnel. Un Serviscape qui met les équipes mal à l'aise (bruit, température, espace étroit) dégrade leur performance et leur attitude, ce qui affecte indirectement l'expérience client. La conception doit intégrer les besoins des deux populations.
• Le Serviscape (contraction de Service + Landscape) est un concept développé par Mary Jo Bitner (1992) qui désigne l'environnement physique dans lequel un service est délivré et consommé. Bitner démontre que cet environnement n'est pas un simple décor : il influence directement les émotions, les comportements et les évaluations du client ET du personnel. Le Serviscape agit selon le modèle S.O.R. (Stimuli → Organisme → Réponse) issu de la psychologie environnementale de Mehrabian & Russell (1974). Cette fiche développe la conception et l'audit de l'environnement physique. Pour le rôle des preuves physiques dans le mix 7P, voir MKG-9.01 (7e P). Pour la dimension tangibilité dans SERVQUAL, voir MKG-9.02. Pour le pétale hospitalité, voir MKG-9.03.
- Définir le Serviscape comme environnement physique du service (Bitner, 1992)
- Décomposer un lieu de service avec le modèle S.O.R. (Mehrabian & Russell, 1974)
- Distinguer les trois dimensions émotionnelles : plaisir, activation, dominance
- Différencier les comportements d'approche et d'évitement du client
Pour aller au bout de la notion : la fiche 9.04 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €
Le marketing éthique et responsable
Le marketing éthique et responsable concilie performance commerciale et respect des personnes, société, environnement. Structuré autour des 3P (Triple Bottom Line, Elkington 1997) : Profit, People, Planet. Ne se limite pas à « vendre vert » : transforme tout le mix. Cadre légal en accélération : CSRD (2024), Directive Green Claims (2024, anti-greenwashing), CBAM (2026), Loi AGEC. Les Gen Z et Y exigent désormais un engagement crédible, sinon cancel culture. Outil clé : B Corp (certification entreprise à mission).
73 % de la génération Z se dit prête à payer plus cher pour un produit durable — mais 88 % ne croient pas aux promesses vertes des marques. Comment le marketing sort-il de ce paradoxe ?
Les trois piliers : Profit, People, Planet
Le marketing éthique et responsable s'appuie sur le triple bottom line formulé par Elkington (1997) : la performance ne se mesure pas qu'au profit financier, mais par la contribution simultanée à trois dimensions.
- Profit — la viabilité économique, sans laquelle aucune action sociétale n'est soutenable.
- People — le respect des parties prenantes : consommateurs (transparence, consentement), salariés, fournisseurs (commerce équitable), communautés.
- Planet — la réduction de l'empreinte environnementale de chaque action (packaging, transport, sobriété numérique).
Du consommateur au « consom'acteur »
Le consommateur n'est plus un récepteur passif. Informé par les réseaux sociaux et les ONG, il vérifie les affirmations, sanctionne par le boycott ou récompense par le buycott. Les études citées montrent le paradoxe : 73 % de la génération Z prête à payer plus (First Insight, 2020) mais 88 % défiante envers les affirmations environnementales (Kantar, 2022). D'où une exigence absolue de preuves et de transparence.
Transformer le mix-marketing
Le marketing éthique ne se résume pas à un message « vert » : il transforme chaque P. Le produit intègre l'éco-conception (matériaux recyclés, biosourcés, réduction du packaging) dès la phase de conception, en plus du prix juste, des circuits courts et de la communication transparente.
Un cadre réglementaire contraignant
Le marketing responsable est encadré par une réglementation croissante : la loi AGEC, la directive CSRD et la directive anti-greenwashing. L'éthique devient à la fois un impératif moral, un facteur de risque réputationnel et un levier d'avantage concurrentiel durable.
• Le marketing éthique et responsable vise à concilier la performance commerciale avec le respect des personnes, de la société et de l'environnement. Structuré autour des 3P (Profit, People, Planet) du triple bottom line (Elkington, 1997), il ne se limite pas à « vendre vert » : il transforme en profondeur le mix-marketing (éco-conception, prix juste, circuits courts, communication transparente) et la relation au consommateur (consentement, sobriété, données minimales). Face à un consommateur de plus en plus vigilant et à une réglementation croissante (loi AGEC, CSRD, directive anti-greenwashing), le marketing éthique est devenu à la fois un impératif moral, un facteur de risque réputationnel et un levier d'avantage concurrentiel durable.
- Expliquer le triple bottom line et les trois piliers Profit, People, Planet (Elkington, 1997)
- Associer à chaque pilier un enjeu marketing et un indicateur de pilotage
- Analyser le paradoxe du consom'acteur : aspiration durable et défiance envers les marques
- Décliner l'éco-conception et le prix juste dans le mix-marketing
Pour aller au bout de la notion : la fiche 9.05 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €
Marketing inclusif et accessibilité
Depuis le 28 juin 2025, rendre un site marchand accessible n'est plus une bonne intention : c'est une obligation légale. Le marketing inclusif est devenu une compétence professionnelle attendue.
Depuis le 28 juin 2025, rendre un site marchand accessible n'est plus une bonne intention : c'est une obligation légale. Le marketing inclusif est devenu une compétence professionnelle attendue.
Du devoir moral à l'impératif légal
Pendant longtemps, le marketing s'est adressé à une cible imaginaire : un consommateur moyen, valide, jeune, urbain. Le marketing inclusif renverse cette logique en concevant produits, messages et parcours pour la diversité réelle des publics : âges, genres, origines, morphologies et surtout situations de handicap. Il prolonge le marketing éthique en approfondissant le pilier People : la dignité et l'égal accès deviennent un critère de conception, pas un argument ajouté après coup.
L'European Accessibility Act
Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act — la directive (UE) 2019/882, transposée en droit français — impose l'accessibilité numérique à une large partie du secteur privé : commerce en ligne, services bancaires, transport, livres numériques, téléphonie. Ce qui relevait de la bonne volonté relève désormais de la conformité, avec un risque de sanction et de réputation.
Diversité, inclusion, accessibilité
Trois notions voisines à ne pas confondre :
- Diversité — la variété réelle des personnes composant un public : c'est un constat.
- Inclusion — l'action de concevoir pour que chacun trouve sa place : c'est une démarche.
- Accessibilité — la condition technique concrète de l'inclusion : rendre effectivement utilisable ce qui, sans aménagement, ne le serait pas.
Un marché considérable
En France, on estime à environ douze millions le nombre de personnes en situation de handicap, dont une majorité de handicaps invisibles (troubles « dys », déficiences légères, troubles cognitifs). En y ajoutant le vieillissement — près d'un Français sur cinq a plus de 65 ans — ignorer ces publics revient à renoncer à une part de marché supérieure à bien des segments activement ciblés. L'accessibilité numérique se normalise via les référentiels RGAA et WCAG.
- Définir le marketing inclusif comme conception pour le plus grand nombre
- Distinguer diversité (constat), inclusion (démarche) et accessibilité (condition technique)
- Situer l'obligation de l'European Accessibility Act (directive UE 2019/882, 28 juin 2025)
- Évaluer le poids du marché : douze millions de personnes handicapées et le vieillissement
Pour aller au bout de la notion : la fiche 9.06 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €
6 fiches complètes en marketing
Accède aux cours PDF, synthèses, podcasts, vidéos et slides modifiables sur la boutique TabloNoir.
Voir les fiches sur la boutique →