Accueil Gestiondeprojet MODULE 3
PRO · 3 · MODULE 3

EXÉCUTION ET PILOTAGE

Exécution et pilotage — illustration du module

Un plan ne survit jamais intact au réel : le pilotage consiste à s'en apercevoir tôt. Suivi d'avancement, valeur acquise, risques, qualité, communication, clôture et retour d'expérience : ce dossier équipe la conduite du projet en marche.

Les 6 notions du module

3.01 · Gestion de projet

La réalisation du projet et le suivi d'avancement

La phase de réalisation (exécution) consomme typiquement 60-80 % du budget et de la durée du projet. Mission du chef de projet : piloter l'avancement, anticiper les risques, animer l'équipe, communiquer aux parties prenantes. 3 dispositifs structurants : rituels (stand-up quotidien, réunion projet hebdo, comité de pilotage mensuel), tableau de bord (KPI projet), reporting (sponsor, parties prenantes). Concept-clé : le point d'avancement se mesure en % complete ou en EVM (PRO-3.02). Règle pratique : un point d'avancement doit prendre moins de 10 % du temps de l'équipe — sinon le pilotage devient le projet.

Un projet sans suivi structuré dérive en moyenne de 27 % sur les délais et de 19 % sur le budget. Comment garder le cap une fois l'exécution lancée ? En mesurant, régulièrement, l'écart entre le prévu et le réel.

Suivre, c'est répondre à trois questions

Le suivi d'avancement (project monitoring & control selon le PMBOK 7ᵉ édition) mesure la performance, identifie les écarts par rapport à la baseline et déclenche les actions correctives. Il s'inscrit dans la phase d'exécution-pilotage, qui représente 60 à 75 % de la durée d'un projet. Il répond à trois questions : Où en sommes-nous ? (constat), Quels écarts par rapport au plan ? (analyse), Quelles décisions prendre ? (action).

Le cycle hebdomadaire en 5 étapes

Inspiré du PDCA de Deming, le pilotage s'organise en boucle de contrôle continue, à fréquence hebdomadaire — assez courte pour réagir vite, assez longue pour consolider :

  • Collecte — % d'avancement, heures consommées, livrables et anomalies, saisis dans l'outil PPM (Jira, MS Project, Monday, Asana).
  • Analyse — calcul des écarts délai/coût/qualité et des causes racines.
  • Alerte — identification des points rouges au-delà des seuils (typiquement 5 à 10 %).

Sur les projets agiles, cette boucle se contracte au daily stand-up plus la revue de sprint.

Le triangle qualité-coût-délai et la gouvernance

Le tableau de bord suit le triangle qualité-coût-délai, appuyé sur des indicateurs comme la courbe en S ou l'EVM (CPI, SPI). La gouvernance passe par le COPIL (comité de pilotage) et des niveaux d'escalade : chaque écart qui franchit un seuil remonte au bon niveau de décision.

La gouvernance change tout : les chiffres

Le CHAOS Report 2020 (plus de 50 000 projets IT) montre que seuls 31 % sont livrés à l'heure, dans le budget et le périmètre, et 19 % sont des échecs purs. L'enquête McKinsey-Oxford 2012 sur 5 400 grands projets IT établit que ceux sans comité de pilotage formel subissent une dérive moyenne de 66 % sur le budget et 33 % sur le délai, contre 25 % et 18 % pour les projets dotés d'une gouvernance structurée.

L'essentiel à retenir

• Le suivi d'avancement transforme la planification en réalité maîtrisée. Il consiste à mesurer périodiquement l'écart entre ce qui était prévu (planning, budget, livrables) et ce qui est réellement produit, puis à déclencher les actions correctives nécessaires. • Cette fiche couvre les quatre piliers du pilotage : le cycle hebdomadaire de collecte et d'analyse, le tableau de bord et son triangle qualité-coût-délai, la gouvernance via le COPIL et les niveaux d'escalade, ainsi que la gestion des écarts avec les seuils d'alerte.

La fiche 3.01 vous apprend à :
  • Définir le suivi d'avancement comme mesure de l'écart entre prévu et réel
  • Dérouler le cycle hebdomadaire de pilotage (collecte, analyse, alerte)
  • Piloter le triangle qualité-coût-délai à l'aide d'un tableau de bord
  • Fixer des seuils d'alerte et organiser les niveaux d'escalade

Pour aller au bout de la notion : la fiche 3.01 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €

3.02 · Gestion de projet

L'Earned Value Management (EVM)

L'Earned Value Management (EVM) ou Management de la Valeur Acquise est la méthode de référence pour mesurer objectivement l'avancement d'un projet. Originaire du Department of Defense USA (1967, C/SCSC), normalisée par PMI et ANSI/EIA-748. Repose sur 3 mesures cumulées dans le temps : PV (Planned Value) = budget prévu à date, EV (Earned Value) = valeur du travail réalisé à date, AC (Actual Cost) = coût réel à date. À partir de ces 3 valeurs, on calcule 2 indicateurs de performance (CPI, SPI), 2 indicateurs d'écart (CV, SV), et 2 forecasts (EAC, ETC). Détection précoce des dérapages : si CPI < 1 ou SPI < 1 dès 20 % d'avancement, alerte rouge.

Un projet affiche « 90 % terminé » depuis trois mois : est-il vraiment en avance, ou fonce-t-il vers le dépassement ? L'Earned Value Management répond en croisant coût et délai dans une seule métrique objective, exprimée en euros.

PV, EV, AC : les trois valeurs fondamentales

Toute la mécanique repose sur trois grandeurs cumulées dans la même unité (l'euro, parfois le jour-homme) :

  • PV (Planned Value) — coût budgété du travail planifié à une date donnée, issu de la baseline.
  • EV (Earned Value) — coût budgété du travail réellement accompli, mesuré sur des livrables produits (% par lot × budget du lot).
  • AC (Actual Cost) — coût réellement dépensé pour produire l'EV, issu de la comptabilité analytique et des feuilles de temps.

L'EV se mesure sur des livrables binaires ou pondérés, jamais sur le ressenti. La règle 0/50/100 (0 % au démarrage, 50 % en cours, 100 % livré et validé) élimine le piège du « 90 % terminé pendant 3 mois ».

Les variances et indices : CV, SV, CPI, SPI

Convention : négatif = mauvais, positif = bon.

  • CV = EV − AC : écart de coût absolu. CV < 0 signale un surcoût.
  • SV = EV − PV : écart de calendrier en valeur. SV < 0 signale un retard.
  • CPI et SPI : les mêmes écarts exprimés en ratios, pour comparer la performance relative.

Exemple : un lot budgété 200 000 € produit à 60 % donne EV = 120 000 €. Avec un PV de 140 000 € et un AC de 135 000 €, on a SV = −20 000 € (retard) et CV = −15 000 € (surcoût).

Une méthode née de la défense, devenue standard mondial

L'EVM est né dans les années 1960 au Department of Defense américain (méthode C/SCSC, 1967) pour piloter les contrats d'armement. Il s'est imposé avec le PMI (PMBOK) et la norme ANSI/EIA-748 ; l'AFNOR a publié la FD X 50-138 en 2009. C'est aujourd'hui une exigence sur les projets supérieurs à 20 M€ chez Airbus, Thales, EDF, SNCF ou l'ESA.

Prédire le coût et le délai à terminaison

Au-delà du constat, l'EVM projette l'avenir dès 15-20 % d'avancement grâce à quatre indicateurs prédictifs : EAC (coût à terminaison estimé), ETC (reste à faire), VAC (écart final prévu) et TCPI (performance à tenir pour finir dans le budget). La matrice CPI × SPI diagnostique en un coup d'œil la santé du projet.

L'essentiel à retenir

• L'Earned Value Management (EVM) — ou management par la valeur acquise — est la méthode de référence du Project Management Institute (PMI) pour mesurer objectivement la performance d'un projet. Il croise trois courbes en €/jours-homme cumulés : PV (planifié), EV (acquis) et AC (réel). • De ces trois valeurs découlent 4 indicateurs analytiques (CV, SV, CPI, SPI) et 4 indicateurs prédictifs (EAC, ETC, VAC, TCPI). Cette fiche détaille les formules, la méthode pas-à-pas, la matrice de diagnostic CPI×SPI et un cas chiffré complet.

La fiche 3.02 vous apprend à :
  • Distinguer et calculer les trois valeurs fondamentales PV, EV et AC en euros cumulés
  • Mesurer l'avancement physique avec la règle 0/50/100 plutôt que sur le ressenti
  • Calculer les variances CV et SV et les indices CPI et SPI
  • Interpréter la matrice de diagnostic CPI × SPI pour situer la santé du projet

Pour aller au bout de la notion : la fiche 3.02 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €

3.03 · Gestion de projet

Le management des risques projet

Le management des risques est l'activité critique du chef de projet. PMBOK 7 : processus en 6 étapes — Planifier, Identifier, Analyser (qualitatif + quantitatif), Planifier les réponses, Implémenter, Surveiller. Outil-phare : matrice probabilité × impact (P × I), produisant un score qui hiérarchise les risques. 4 stratégies de traitement : Éviter (supprimer la cause), Transférer (assurance, sous-traitance), Atténuer (réduire P ou I), Accepter (provision financière). Risk register = registre des risques tenu à jour. Selon Standish CHAOS Report, 45 % des projets en échec ont identifié leurs risques top 3 mais n'ont rien fait.

« Risque de retard fournisseur » : cette phrase ne dit ni la cause, ni la conséquence, ni le coût. Comment transformer une inquiétude vague en un risque réellement pilotable, du cadrage jusqu'au dernier jalon ?

Qu'est-ce qu'un risque, au sens strict ?

Selon la norme ISO 31000 (2018), un risque est « l'effet de l'incertitude sur l'atteinte des objectifs ». Il combine trois dimensions : un événement futur incertain, une probabilité d'occurrence (entre 0 et 1) et un impact (positif = opportunité, négatif = menace). Sa formulation rigoureuse suit le canevas : SI [cause] ALORS [événement] AVEC POUR CONSÉQUENCE [impact sur l'objectif]. On passe ainsi de « risque de retard fournisseur » à « SI le fournisseur ne livre pas avant fin mars, ALORS les tests seront repoussés, AVEC POUR CONSÉQUENCE un retard de 4 à 6 semaines et un surcoût de 50 à 80 k€ ».

Six catégories de risques projet

  • Techniques — technologie immature, intégration de systèmes legacy (parade : POC, prototypage).
  • Organisationnels / RH — départ d'un expert clé, équipe sous-dimensionnée (parade : RACI, montée en compétences).
  • Financiers — sous-estimation budgétaire, taux de change (parade : provisions, audit).
  • Contractuels / juridiques — pénalités, RGPD, propriété intellectuelle (parade : revue juridique, assurance).
  • Externes / environnementaux — crise sanitaire, cyberattaque (parade : fournisseurs alternatifs).
  • Pilotage / gouvernance — sponsor désengagé, exigences mouvantes (parade : cadrage formel, COPIL actif).

Un processus continu en 6 étapes

Le management des risques n'est pas une étape ponctuelle mais un processus itératif (ISO 31000 / PMI) qui s'exécute pendant toute la durée du projet, avec des revues formelles à chaque jalon majeur. La maturité d'une organisation se mesure à la régularité de ces revues, pas à l'épaisseur du registre initial. L'identification, la plus critique, combine brainstorming structuré, check-list métier, SWOT projet, analyse des hypothèses et méthode Delphi.

Analyser puis répondre : la matrice et les 4 stratégies

Après identification, on hiérarchise avec la matrice Probabilité × Impact, complétée par l'analyse quantitative Monte Carlo pour les enjeux majeurs. Face à chaque risque, quatre stratégies de réponse : éviter (supprimer la cause), transférer (assurance, sous-traitance), atténuer (réduire probabilité ou impact) et accepter (provisionner). Le tout est consigné dans le registre des risques, tenu à jour à chaque jalon.

L'essentiel à retenir

• Le management des risques est le processus structuré qui permet d'anticiper, d'analyser, de traiter et de suivre les événements incertains pouvant affecter — positivement ou négativement — les objectifs du projet (délai, coût, qualité, périmètre). • Cette fiche détaille le processus en 6 étapes (PMI / ISO 31000), les techniques d'identification, la matrice Probabilité × Impact, l'analyse quantitative par Monte Carlo, les 4 stratégies de réponse (éviter, transférer, atténuer, accepter) et la structure du registre des risques.

La fiche 3.03 vous apprend à :
  • Formuler un risque avec le canevas SI cause / ALORS événement / AVEC POUR CONSÉQUENCE impact
  • Classer un risque dans l'une des six catégories et identifier sa parade principale
  • Dérouler le processus de management des risques en 6 étapes selon ISO 31000 et le PMI
  • Combiner plusieurs techniques d'identification (brainstorming, check-list, SWOT, Delphi)

Pour aller au bout de la notion : la fiche 3.03 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €

Le management de la qualité projet — illustration
3.04 · Gestion de projet

Le management de la qualité projet

Le management de la qualité projet se décompose en 2 dimensions : Qualité du processus (comment on travaille) et Qualité du produit (le livrable lui-même). PMBOK 7 : 3 processus — Planifier la qualité (standards, critères), Manager la qualité (audits, prévention), Contrôler la qualité (inspections, tests). Origines : Deming (PDCA), Juran (trilogie), Crosby (« Quality is free »). Coût de la non-qualité (COQ) : 10-30 % du CA en moyenne — d'où l'importance de la prévention. Outils-clés : Plan qualité projet, AMDEC (FMEA), Cartes de contrôle, 6 sigma (PRO-7.03). Lean management (MAN-5.03) et Ishikawa (MAN-5.02) directement applicables.

Livrer un produit « de qualité », est-ce livrer le plus riche possible ? Non : c'est livrer exactement ce qui répond aux exigences du commanditaire, ni plus, ni moins. Encore faut-il distinguer prévenir les défauts et les corriger.

Trois niveaux d'exigences à satisfaire

Selon l'ISO 9000, la qualité est « l'aptitude d'un ensemble de caractéristiques d'un livrable à satisfaire les exigences ». Trois niveaux coexistent :

  • Exigences explicites — spécifications formelles, mesurables, écrites au cahier des charges.
  • Exigences implicites — attendus évidents non formalisés (ergonomie, accessibilité, esthétique).
  • Exigences réglementaires — conformité aux lois et normes obligatoires (CE, RGPD, sécurité).

Assurance Qualité vs Contrôle Qualité

La première discipline du management qualité est de ne pas confondre deux processus distincts :

  • Assurance Qualité (AQ) — préventive, orientée processus, en amont.
  • Contrôle Qualité (CQ) — correctif, orienté livrables, en aval.

Sur un projet mature, l'effort se répartit à 60 % AQ / 40 % CQ : on investit en prévention pour réduire la correction. En mode « pompier », la répartition s'inverse (20/80), signe d'un système défaillant.

Le coût de la non-qualité

Selon l'étude AFAQ-AFNOR 2023, la non-qualité représente entre 5 et 25 % du chiffre d'affaires, dont 80 % évitables. La règle des 1-10-100 de Joseph Juran le résume : corriger un défaut coûte 10 fois plus en CQ qu'en AQ, et 100 fois plus une fois chez le client. Le Dieselgate Volkswagen (2015) l'illustre : plus de 32 Mds€ d'amendes et rappels pour un gain de quelques centaines de millions.

Le Plan Qualité Projet et ses outils

Le PQP formalise en 8 sections les engagements qualité : politique, référentiels normatifs (ISO 9001, ISO 21500), organisation (RACI qualité), critères d'acceptation, processus. C'est un livrable obligatoire en projet certifié ISO 9001 ou 21500. Le contrôle s'appuie sur les outils classiques : Ishikawa (causes-effet), Pareto (80/20) et cartes de contrôle, dans une logique d'amélioration continue PDCA.

L'essentiel à retenir

• Le management de la qualité projet vise à livrer un produit conforme aux exigences du commanditaire, ni plus, ni moins. Il s'articule autour de deux processus complémentaires : l'Assurance Qualité (AQ), préventive et orientée processus, et le Contrôle Qualité (CQ), correctif et orienté livrables. • Cette fiche présente le Plan Qualité Projet (PQP), les outils du contrôle qualité (Ishikawa, Pareto, cartes de contrôle), les normes ISO 9001 et 21500, l'application du PDCA (voir MAN-3.01) et les indicateurs de coût d'obtention de la qualité (COQ + COPQ).

La fiche 3.04 vous apprend à :
  • Définir la qualité projet comme conformité aux exigences du commanditaire
  • Distinguer les exigences explicites, implicites et réglementaires d'un livrable
  • Différencier Assurance Qualité préventive et Contrôle Qualité correctif
  • Appliquer la règle des 1-10-100 de Juran pour justifier l'investissement en prévention

Pour aller au bout de la notion : la fiche 3.04 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €

3.05 · Gestion de projet

Le plan de communication projet

Le plan de communication projet est l'outil de pilotage qui définit qui communique quoi à qui, quand, par quel canal, à quelle fréquence. PMBOK : la communication représente 75-90 % du temps du chef de projet. Selon PMI : 56 % des dollars perdus dans les projets le sont à cause d'une communication défaillante. Le plan de communication s'appuie sur la cartographie des parties prenantes (PRO-6.01), la matrice Pouvoir × Intérêt (Mendelow), et 5 questions clés : Qui ? Quoi ? Pourquoi ? Quand ? Comment ? Règle pratique : adapter le format au public — Sponsor : 1 page synthétique ; Équipe : détaillé technique ; Utilisateurs : visuels et bénéfices.

Selon le PMI, 56 % de l'argent investi dans les projets en échec est attribué à une mauvaise communication. Autrement dit : la communication conditionne le succès d'un projet bien plus que ses techniques. Comment la structurer au lieu de la subir ?

Les 4 flux du chef de projet

Le plan de communication organise l'information entre toutes les parties prenantes selon quatre directions :

  • Ascendant — vers le sponsor et le COMEX : reporting, demandes d'arbitrage, alertes.
  • Descendant — vers l'équipe : briefs, décisions COPIL, cadrage des priorités.
  • Transverse — vers les métiers, la DSI, les RH : coordination et gestion des dépendances.
  • Externe — vers clients, fournisseurs, presse : suivi contractuel, image, gestion de crise.

Sa finalité est triple : informer (transparence), aligner (cohérence des messages), mobiliser (engagement).

Cartographier les parties prenantes

Avant de communiquer, il faut identifier qui est concerné. Une partie prenante est tout individu ou groupe affecté par le projet ou pouvant l'affecter. Le cours en distingue six catégories : décideurs (pouvoir très fort), bénéficiaires / utilisateurs (acceptation finale), équipe projet, fournisseurs / partenaires, régulateurs / contrôleurs (autorisation) et parties prenantes externes (image).

Le continuum d'engagement

Pour chaque partie prenante, le PMBOK propose d'évaluer son niveau d'engagement actuel sur une échelle à 5 niveaux et de fixer un niveau cible. Le delta entre les deux dicte la stratégie de communication. La règle d'or : concentrer les efforts sur les écarts critiques. Une partie prenante résistante et puissante mérite 80 % des efforts ; un soutien bien aligné se contente d'un mail par mois.

Structurer chaque action : la matrice 5W2H

Chaque action de communication se cadre avec la matrice 5W2H (qui, à qui, quand, sur quoi, pourquoi, comment, combien) et se calibre via la pyramide des formats par fréquence et audience. On transforme ainsi une intuition (« je ferai des points hebdo ») en un dispositif structuré, réévalué en COPIL trimestriellement.

L'essentiel à retenir

• La communication conditionne le succès du projet bien plus que les techniques. Selon le PMI (Pulse of the Profession 2023), 56 % de l'argent investi dans les projets en échec est attribué à une mauvaise communication. • Cette fiche présente les 4 flux (ascendant, descendant, transverse, externe), la matrice 5W2H pour structurer chaque action, la pyramide des formats par fréquence et audience, le continuum d'engagement des parties prenantes et les méthodes pour gérer leurs attentes.

La fiche 3.05 vous apprend à :
  • Identifier les 4 flux de communication projet : ascendant, descendant, transverse et externe
  • Cartographier les parties prenantes selon les six catégories et leur pouvoir
  • Évaluer le niveau d'engagement actuel et cible sur le continuum à 5 niveaux du PMBOK
  • Concentrer les efforts de communication sur les écarts d'engagement critiques

Pour aller au bout de la notion : la fiche 3.05 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €

3.06 · Gestion de projet

La clôture du projet et le REX

La clôture du projet est la 5ᵉ phase du PMBOK, souvent négligée alors qu'elle conditionne la capitalisation pour les futurs projets. 3 dimensions : clôture administrative (recettes, signatures, archivage), technique (livrables, transfert exploitation), humaine (REX, dissolution équipe, célébration). Le REX (Retour d'Expérience) ou Lessons Learned consiste à formaliser ce qui a marché, ce qui n'a pas, ce qu'on ferait différemment. Selon PMI : moins de 30 % des entreprises capitalisent réellement les REX dans une base accessible. Sans capitalisation, les mêmes erreurs sont répétées. Outils : AAR (After Action Review), Pre-mortem en début, REX en fin.

Le projet est livré, l'équipe file déjà vers le suivant. Pourtant, selon le PMI, seuls 38 % des projets terminés font l'objet d'un retour d'expérience formalisé. C'est précisément à ce moment que se construit — ou se perd — la valeur de long terme.

Pourquoi la clôture est-elle si négligée ?

La clôture démarre dès l'acceptation des derniers livrables et dure de 2 à 8 semaines. Ce n'est plus le moment de produire, mais d'extraire la valeur résiduelle. Trois raisons structurelles expliquent qu'elle soit mal réalisée : l'équipe est dispersée sur d'autres projets, le sponsor a décroché une fois la livraison faite, et la culture du « passons à autre chose » dévalorise le bilan. L'étude Standish Group / KPMG 2023 montre pourtant que formaliser un REX systématique élève de 26 points le taux de réussite des projets suivants (74 % contre 48 %).

Les 5 chantiers de la clôture

  • Bilan — mesurer ce qui a été promis vs réalisé (QCD).
  • REX — capitaliser les enseignements transférables.
  • Transfert — passer le relais à l'exploitation et au support.
  • Archivage — constituer la mémoire organisationnelle.
  • Célébration — reconnaître le travail de l'équipe.

Aucun n'est optionnel : chacun couvre un risque spécifique, et l'oubli d'un seul peut transformer un projet réussi en projet sans suite.

Le bilan et la méthode REX en 6 étapes

Le bilan (5 à 15 pages, validé en COPIL de clôture) répond à une question : avons-nous fait ce qui était promis, dans les conditions promises, avec le résultat promis ? Il se structure en 6 sections, du rappel du cadrage au bilan QCD, aux bénéfices/ROI et à la synthèse REX. Le retour d'expérience — ou Lessons Learned — n'est pas un récit mais une formalisation d'enseignements transférables, structurée par le PMI en 6 étapes.

Animer le REX et transformer le tacite

Quatre formats d'animation existent : Lessons Learned classique, Rétro Agile, Post-mortem et World Café. Pour rendre partageable le savoir individuel, le cours mobilise le modèle SECI de Nonaka, qui transforme le tacite en savoir explicite et partagé, socle de l'apprentissage organisationnel.

L'essentiel à retenir

• La clôture est la phase la plus négligée du cycle projet : selon une étude PMI 2022, seulement 38 % des projets terminés font l'objet d'un REX formalisé. Or c'est précisément à ce moment que se construit la valeur organisationnelle de long terme : capitalisation des enseignements, montée en compétence collective, amélioration des standards. • Cette fiche détaille les 5 chantiers de la clôture (bilan, REX, transfert, archivage, célébration), la méthode REX en 6 étapes, les 4 formats d'animation (Lessons Learned, Rétro Agile, Post-mortem, World Café) et le modèle SECI de Nonaka pour transformer le tacite en savoir partagé.

La fiche 3.06 vous apprend à :
  • Situer la phase de clôture dans le cycle projet et sa durée typique de 2 à 8 semaines
  • Identifier les trois causes structurelles de négligence de la clôture
  • Dérouler les 5 chantiers de clôture : bilan, REX, transfert, archivage, célébration
  • Structurer un bilan de projet en 6 sections autour du triptyque QCD

Pour aller au bout de la notion : la fiche 3.06 en détail · la fiche complète sur la boutique — 4,99 €

6 fiches complètes en gestion de projet

Accède aux cours PDF, synthèses, podcasts, vidéos et slides modifiables sur la boutique TabloNoir.

Voir les fiches sur la boutique →