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RH · 3 · MODULE 3

PROCÉDURES MANAGÉRIALES ET RUPTURES

Procédures managériales et ruptures — illustration du module

Le recadrage, la discipline, la rupture : les moments les plus délicats de la vie du contrat exigent le plus de rigueur. Procédures, entretiens obligatoires, formalités d'embauche et de sortie : ce dossier balise les actes de gestion où l'erreur de forme coûte cher.

Les 7 notions du module

3.01 · Ressources humaines

L'entretien de recadrage

L'entretien de recadrage est un acte managérial structuré, distinct de la sanction disciplinaire (RH-3.02). Objectif : faire prendre conscience d'un écart comportement attendu vs observé et obtenir un engagement de changement. Cegos 2023 : 67 % des managers déclarent l'éviter. Gallup 2022 : un recadrage préparé a 3,4× plus de chances de produire un changement durable. La méthode de référence est DESC (Bower, 1976) en 4 étapes : Décrire les faits → Exprimer ses émotions (en « je ») → Spécifier des solutions → Conclure avec les conséquences. Règle d'or : jamais à chaud, toujours à tiède (24-48h après les faits).

67 % des managers déclarent repousser ou éviter les entretiens de recadrage (Cegos, 2023) — et dans 82 % des cas, cette évitement aggrave les dysfonctionnements. Comment corriger un comportement sans basculer dans la sanction ni dans le conflit ?

Recadrage n'est pas sanction

L'entretien de recadrage est un acte managérial structuré visant à corriger un comportement non conforme, dans une logique de progrès et de responsabilisation. Il se distingue nettement de la sanction disciplinaire :

  • Nature — acte managérial informel, non un acte juridique formel.
  • Objectif — corriger et accompagner le progrès, non punir une faute.
  • Posture — le manager est coach et accompagnateur, non représentant de l'employeur.
  • Trace — compte-rendu interne facultatif, sans impact au dossier disciplinaire.

La préparation, clé de réussite

Selon Gallup (2022), un recadrage préparé a 3,4 fois plus de chances de produire un changement durable qu'un recadrage improvisé. Elle repose sur trois piliers : collecter des faits objectifs, datés et vérifiables (« 4 retards de plus de 15 min entre le 3 et le 17 mars ») plutôt que des jugements de valeur (« il est paresseux ») ; préparer le cadre logistique ; définir l'objectif précis. Le manager réagit dans les 24 à 48 h suivant le constat — au-delà, l'impact diminue de 60 % (Aubé & Rousseau, 2014) — dans un bureau fermé, sur 20 à 30 minutes maximum.

La méthode DESC

Conçue par Bower (1976), la méthode DESC structure la conduite de l'entretien en quatre temps : Décrire les faits objectivement, Exprimer son ressenti, Spécifier la solution ou le comportement attendu, Conclure sur les conséquences positives et l'engagement. C'est le cadre qui transforme un reproche en dialogue orienté progrès.

L'essentiel à retenir

• L'entretien de recadrage est un acte managérial structuré visant à corriger un comportement, une attitude ou une performance non conforme aux attentes. Distinct de la sanction disciplinaire, il s'inscrit dans une logique de progrès et de responsabilisation. La méthode DESC (Bower, 1976) en constitue le cadre de conduite privilégié. Selon une étude Cegos (2023), 67 % des managers déclarent repousser ou éviter les entretiens de recadrage, ce qui aggrave les dysfonctionnements dans 82 % des cas.

La fiche 3.01 vous apprend à :
  • Distinguer l'entretien de recadrage de la sanction disciplinaire et de l'entretien annuel
  • Collecter des faits objectifs, datés et vérifiables plutôt que des jugements de valeur
  • Réagir dans le délai optimal de 24 à 48 h après le constat
  • Préparer le cadre logistique (lieu, durée, moment) d'un recadrage efficace

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3.02 · Ressources humaines

La procédure disciplinaire

La procédure disciplinaire (art. L.1331-1 à L.1334-1 CT) est le cadre juridique par lequel l'employeur sanctionne un comportement fautif. Tout vice de forme peut entraîner l'annulation de la sanction (38 % des licenciements disciplinaires contestés en 2023). 3 niveaux de faute : simple (manquement) → grave (rend impossible le maintien) → lourde (intention de nuire). Délais impératifs : 2 mois pour engager, 5 jours ouvrables avant l'entretien, 2 jours à 1 mois pour notifier. Sanctions pécuniaires INTERDITES (L.1331-2). Principes clés : proportionnalité (CPH peut annuler) et non bis in idem (pas deux sanctions pour les mêmes faits).

En 2023, 38 % des licenciements disciplinaires contestés aux prud'hommes ont été jugés sans cause réelle et sérieuse — le plus souvent pour un simple vice de procédure (Ministère de la Justice, 2024). Un formalisme mal maîtrisé peut annuler une sanction pourtant justifiée sur le fond.

Les trois niveaux de faute

Constitue une sanction « toute mesure, autre que les observations verbales, prise à la suite d'un agissement fautif » (art. L.1331-1 CT). Le droit distingue :

  • Faute simple — manquement ne rendant pas impossible le maintien du salarié (retards répétés). Préavis et indemnités maintenus.
  • Faute grave — violation rendant impossible le maintien même pendant le préavis (vol, harcèlement avéré, abandon de poste > 3 jours). Licenciement immédiat, sans préavis ni indemnité de licenciement.
  • Faute lourde — faute grave commise avec intention de nuire (sabotage, détournement de clientèle). Aucune indemnité, action en dommages-intérêts possible.

Les délais impératifs

La chronologie est verrouillée par le Code du travail :

  • 2 mois maximum pour engager la procédure à compter de la connaissance des faits (art. L.1332-4). Au-delà : prescription, sanction nulle.
  • 5 jours ouvrables minimum entre la convocation et l'entretien préalable (art. L.1332-2).
  • 2 jours minimum après l'entretien avant de notifier, et 1 mois maximum pour le faire.
  • 3 ans : aucune sanction de plus de 3 ans ne peut fonder une nouvelle sanction (art. L.1332-5, non bis in idem).

Le principe de proportionnalité

La sanction doit être adaptée à la gravité de la faute. L'échelle des sanctions, définie par le règlement intérieur — obligatoire dans les entreprises de 50 salariés et plus depuis la loi du 4 août 1982 — gradue les mesures du moins grave au plus sévère. Cette procédure constitue l'étape formelle de l'escalade, faisant suite au recadrage managérial.

L'essentiel à retenir

• La procédure disciplinaire est le cadre juridique par lequel l'employeur sanctionne un comportement fautif du salarié. Régie par les articles L.1331-1 à L.1334-1 du Code du travail, elle impose un formalisme strict dont le non-respect peut entraîner l'annulation de la sanction par le Conseil de prud'hommes. En 2023, 38 % des licenciements disciplinaires contestés aux prud'hommes ont été jugés sans cause réelle et sérieuse, principalement pour vice de procédure (source : Ministère de la Justice, 2024). Cette fiche fait suite au recadrage managérial (voir fiche RH-3.01) et constitue l'étape formelle de l'escalade.

La fiche 3.02 vous apprend à :
  • Qualifier une faute simple, grave ou lourde selon ses conséquences juridiques
  • Respecter les délais impératifs de la procédure disciplinaire (2 mois, 5 jours, 1 mois, 3 ans)
  • Appliquer le principe de proportionnalité entre la faute et la sanction
  • Construire une échelle des sanctions conforme au règlement intérieur

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3.03 · Ressources humaines

Entretien préalable au licenciement et rupture conventionnelle

Cette fiche couvre deux procédures distinctes. L'entretien préalable au licenciement (art. L.1232-2 CT) est obligatoire avant tout licenciement pour motif personnel. La rupture conventionnelle (art. L.1237-11, loi 25 juin 2008) permet une séparation amiable. Délais clés du licenciement : 5 j ouvrables avant l'entretien, 2 j à 1 mois pour notifier, 12 mois pour contester (CPH). Règle absolue : ne JAMAIS remettre la lettre pendant l'entretien (Cass. soc. 09/06/2021). RC : consentement libre, formulaire Cerfa, délai de rétractation 15 j calendaires, homologation DREETS 15 j ouvrables, indemnité ≥ légale (médiane = 130 % légal selon DARES 2023).

Peut-on licencier un salarié sans l'avoir entendu au préalable ? Non : le droit du travail impose un entretien avant toute décision, et propose une alternative amiable de plus en plus prisée.

Deux procédures de rupture bien distinctes

L'entretien préalable est une obligation légale (art. L.1232-2 C. trav.) qui précède tout licenciement pour motif personnel, disciplinaire ou non. La rupture conventionnelle (art. L.1237-11 C. trav., loi du 25 juin 2008) organise au contraire une séparation amiable négociée, ouvrant droit aux allocations chômage. En 2023, 530 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées en France (DARES, 2024), soit 37 % des fins de CDI hors retraite.

L'entretien préalable, une garantie du salarié

Il matérialise le droit d'être entendu avant toute décision. Son absence n'annule pas le licenciement mais ouvre droit à des dommages-intérêts pouvant atteindre 1 mois de salaire (art. L.1235-2). Il poursuit quatre objectifs :

  • Information — exposer les motifs envisagés et faire connaître les griefs.
  • Écoute — recueillir les explications du salarié, qui présente sa version.
  • Réflexion — évaluer si le licenciement reste justifié après audition.
  • Traçabilité — constituer la preuve du respect de la procédure.

La convocation et ses règles

Envoi par lettre recommandée avec AR (ou remise en main propre contre décharge). Un délai minimum de 5 jours ouvrables sépare la première présentation de la LRAR de l'entretien. La convocation mentionne l'objet, la date, le lieu et le droit d'assistance — mais n'a pas à détailler les motifs (Cass. soc., 18/02/2004).

Le déroulement en 5 phases

Accueil et cadrage, exposé des motifs, écoute active du salarié, dialogue contradictoire, puis conclusion. Points de vigilance : ton neutre, pas de conclusion anticipée, ne jamais remettre la décision le jour même — le délai de réflexion de l'employeur doit être respecté.

L'essentiel à retenir

• Cette fiche couvre deux procédures distinctes de rupture du contrat de travail. L'entretien préalable au licenciement est une obligation légale (art. L.1232-2 C. trav.) qui précède tout licenciement pour motif personnel. La rupture conventionnelle (art. L.1237-11 C. trav., loi du 25 juin 2008) permet une séparation amiable négociée entre l'employeur et le salarié, ouvrant droit aux allocations chômage. En 2023, 530 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées en France (source : DARES, 2024), un record historique représentant 37 % des fins de CDI hors retraite.

La fiche 3.03 vous apprend à :
  • Distinguer licenciement pour motif personnel et rupture conventionnelle amiable
  • Situer les fondements juridiques (art. L.1232-2 et L.1237-11 C. trav.)
  • Respecter le délai de 5 jours ouvrables entre convocation et entretien
  • Rédiger une convocation conforme sans y détailler les motifs

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L'offboarding et l'entretien de départ — illustration
3.04 · Ressources humaines

L'offboarding et l'entretien de départ

L'offboarding est le pendant symétrique de l'onboarding (RH-1.08). 4 enjeux stratégiques : (1) protection du capital intellectuel (42 % du savoir est tacite, McKinsey 2022) ; (2) sécurité IT (20 % des cyber-incidents impliquent d'anciens employés, IBM 2023) ; (3) marque employeur (Glassdoor) ; (4) amélioration continue. Processus en 5 phases : Annonce → Transfert de connaissances → Formalités → Entretien de départ → Alumni. SHRM 2023 : seulement 35 % des entreprises exploitent les exit interviews. Règle d'or : un collaborateur qui part est un ambassadeur potentiel. Coût offboarding : ~500 €/départ. Coût d'un offboarding raté : 30-150 k€.

Quand un collaborateur part, l'entreprise perd-elle seulement une compétence — ou aussi un ambassadeur, des données sensibles et une mine de feedback ? Bien géré, un départ devient un levier stratégique.

Qu'est-ce que l'offboarding ?

L'offboarding est le processus structuré de gestion du départ d'un collaborateur, quel qu'en soit le motif : démission, licenciement, rupture conventionnelle, retraite ou fin de CDD. Pendant symétrique de l'onboarding, il couvre les actions entre l'annonce du départ et la sortie effective, prolongées par la relation post-départ (Alumni management). Pourtant, seules 29 % des entreprises disposent d'un processus formalisé (Aberdeen Group, 2023).

Les 4 enjeux stratégiques

  • Protection du capital intellectuel — 42 % du savoir critique d'une entreprise est tacite et non documenté (McKinsey, 2022).
  • Sécurité et conformité — 20 % des incidents de cybersécurité impliquent d'anciens employés (IBM, 2023) : restitution du matériel, désactivation des accès, RGPD.
  • Marque employeur — 69 % des candidats refusent une offre d'une entreprise mal notée (CareerArc, 2023).
  • Amélioration continue — l'entretien de départ éclaire management, organisation et culture.

L'impact chiffré d'un offboarding structuré

Le contraste est net : la recommandation de l'employeur passe de 31 % à 71 % des sortants (Glassdoor, 2023), le taux de « boomerang employees » de 2 % à 15 %, et les incidents de sécurité post-départ chutent de 80 % grâce à une désactivation immédiate des accès. Le risque de contentieux prud'homal baisse de 60 %.

Le processus en 5 phases

Annonce et organisation (J+0 à J+3), transfert de connaissances (la phase la plus critique, souvent bâclée), formalités administratives, entretien de départ, puis Alumni management. Le transfert du savoir tacite — relations clients, astuces métier, historique des décisions — se priorise selon sa criticité et sa facilité de documentation.

L'essentiel à retenir

• L'offboarding est le processus structuré de gestion du départ d'un collaborateur, quel qu'en soit le motif (démission, licenciement, rupture conventionnelle, retraite, fin de CDD). Trop souvent négligé, il constitue pourtant un levier stratégique de protection de l'entreprise (transfert de connaissances, sécurité IT, conformité juridique) et de valorisation de la marque employeur. Selon une étude Aberdeen Group (2023), seules 29 % des entreprises disposent d'un processus d'offboarding formalisé, alors que 71 % des salariés partis avec un bon offboarding recommandent leur ancien employeur (source : Glassdoor, 2023).

La fiche 3.04 vous apprend à :
  • Définir l'offboarding comme processus symétrique de l'onboarding
  • Identifier les 4 enjeux : capital intellectuel, sécurité, marque employeur, amélioration continue
  • Chiffrer le gain d'un offboarding structuré sur la recommandation et la sécurité
  • Séquencer le départ en 5 phases opérationnelles

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3.05 · Ressources humaines

Travailleur etranger et affichage obligatoire

Un employeur qui embauche un salarié étranger sans vérifier son titre de travail risque une amende administrative — même s'il pensait avoir fait ce qu'il fallait.

Un employeur qui embauche un salarié étranger sans vérifier son titre de travail risque une amende administrative — même s'il pensait avoir fait ce qu'il fallait.

Deux obligations, une logique de preuve

L'employeur a deux obligations distinctes : vérifier l'autorisation de travail d'un salarié étranger avant l'embauche, et informer les salariés de leurs droits par voie d'affichage ou tout autre moyen. Dans les deux cas, la logique est la même : pouvoir prouver, en cas de contrôle, que l'obligation a été respectée.

Ressortissant européen ou pays tiers : deux régimes

Un ressortissant de l'Union européenne, de l'EEE ou de Suisse n'a besoin d'aucune autorisation de travail particulière. Un ressortissant d'un pays tiers, en revanche, doit disposer d'un titre l'autorisant à travailler, dont l'employeur vérifie la validité auprès de la préfecture — le CESEDA (recodifié par ordonnance du 16 décembre 2020) encadre cette procédure, y compris pour les métiers dits « en tension » soumis à des règles simplifiées.

Emploi sans titre : deux infractions distinctes

Employer un étranger sans titre de travail (Code du travail, art. L.8251-1) est une infraction distincte du travail dissimulé (art. L.8221-1) — les deux peuvent se cumuler. Le donneur d'ordre peut être tenu solidairement responsable (art. L.8254-1) s'il n'a pas vérifié la situation d'un sous-traitant, ce qui étend la vigilance au-delà du seul employeur direct. La loi du 26 janvier 2024 a fait évoluer ce cadre, en partie censurée par le Conseil constitutionnel le 25 janvier 2024 — un point sensible à revérifier sur les textes en vigueur plutôt que de mémoire.

De l'affichage obligatoire à l'information « par tout moyen »

Le décret n°2016-1417 du 20 octobre 2016 a marqué un changement de logique : de l'obligation stricte d'affichage physique, on est passé à une obligation d'information « par tout moyen », y compris numérique (intranet, livret d'accueil). L'obligation de fond demeure — informer effectivement les salariés — mais sa forme s'est assouplie.

L'essentiel à retenir

• Deux obligations réputées secondaires exposent l'employeur à des sanctions parmi les plus lourdes du droit du travail. L'embauche d'un ressortissant étranger impose de distinguer les ressortissants de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Suisse, dispensés d'autorisation de travail, des ressortissants de pays tiers, pour lesquels l'employeur demande l'autorisation par téléservice puis vérifie le titre auprès de la préfecture avant l'embauche, article L. 5221-8 du code du travail. L'affichage obligatoire, lui, s'est largement transformé en information « par tout moyen » depuis le décret du 20 octobre 2016 : la contrainte s'est déplacée du support vers la preuve. Dans les deux cas, la conformité se démontre et ne se présume pas ; listes, délais et montants se vérifient à date sur les sites officiels.

La fiche 3.05 vous apprend à :
  • Distinguer l'obligation de vérification du titre de travail et l'obligation d'information des salariés
  • Identifier quand un titre de travail est requis (ressortissant hors UE/EEE/Suisse)
  • Vérifier un titre de travail auprès de la préfecture avant embauche
  • Distinguer emploi d'étranger sans titre (art. L.8251-1) et travail dissimulé (art. L.8221-1)

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3.06 · Ressources humaines

La sortie du salarie

Un solde de tout compte signé trop vite, sans réserve, ferme la porte à toute contestation salariale passé six mois : un détail administratif qui coûte cher s'il est mal géré.

Un solde de tout compte signé trop vite, sans réserve, ferme la porte à toute contestation salariale passé six mois : un détail administratif qui coûte cher s'il est mal géré.

Les documents obligatoires de fin de contrat

La sortie d'un salarié impose la mise à jour du registre unique du personnel, la remise d'un certificat de travail (dont le contenu et les mentions interdites sont strictement encadrés), d'une attestation France Travail (nommée ainsi depuis la loi du 18 décembre 2023, ex-Pôle emploi) et d'un reçu pour solde de tout compte.

Le solde de tout compte, un effet libératoire encadré

Le reçu pour solde de tout compte a un effet libératoire pour l'employeur, mais seulement pour les sommes qui y figurent, et seulement si le salarié ne le dénonce pas dans les six mois suivant sa signature (Code du travail, art. L.1234-20). Le calcul intègre notamment les congés payés (art. L.3341-7), dont le régime en cas de faute lourde a été bouleversé par une décision du Conseil constitutionnel (QPC du 2 mars 2016) puis par la jurisprudence de la Cour de cassation (13 septembre 2023) sur l'articulation congés payés/arrêt maladie, elle-même suivie par la loi du 22 avril 2024.

La portabilité des garanties santé et prévoyance

Depuis la loi n°2013-504 du 14 juin 2013 (sécurisation de l'emploi), un salarié qui quitte l'entreprise conserve gratuitement sa couverture santé et prévoyance collective pendant une durée plafonnée (article L.911-8 du Code de la sécurité sociale), sous conditions liées à l'indemnisation chômage. La loi Évin (n°89-1009 de 1989, précisée par un décret de 2017) organise en complément une couverture individuelle payante au-delà de cette portabilité.

Un calendrier de sortie à anticiper

Entre préavis, solde des congés, épargne salariale et documents à remettre, la sortie d'un salarié suit un calendrier serré où chaque retard ou omission est une source de contentieux potentiel — la fiche détaille ce calendrier pas à pas pour le gestionnaire RH.

L'essentiel à retenir

• La sortie d'un salarié ne se réduit pas à la décision de rupture : elle ouvre une séquence administrative dont chaque acte est encadré. Trois obligations s'y superposent. Remettre des documents — certificat de travail, attestation destinée à France Travail, reçu pour solde de tout compte, état récapitulatif d'épargne salariale — et mettre à jour le registre unique du personnel. Solder les comptes, congés payés compris. Prolonger enfin la protection sociale complémentaire : la portabilité, issue de la loi de sécurisation de l'emploi du 14 juin 2013 et codifiée à l'article L. 911-8 du code de la sécurité sociale, maintient sans contrepartie financière les garanties frais de santé et prévoyance de l'ancien salarié indemnisé par l'assurance chômage, pour une durée calquée sur l'ancienneté et plafonnée. Le financement repose sur la mutualisation.

La fiche 3.06 vous apprend à :
  • Établir la liste complète des documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation France Travail, solde de tout compte)
  • Comprendre l'effet libératoire du solde de tout compte et son délai de dénonciation de six mois
  • Calculer le solde de congés payés en tenant compte de la jurisprudence récente (Cass. soc. 2023, loi 2024)
  • Mettre en œuvre la portabilité des garanties santé/prévoyance (art. L.911-8) après la sortie

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3.07 · Ressources humaines

Déclarer et gérer les absences

Trois chutes identiques, trois régimes juridiques différents : sur le trajet domicile-travail, sur site, ou à la maison — le point de départ de la déclaration change tout.

Trois chutes identiques, trois régimes juridiques différents : sur le trajet domicile-travail, sur site, ou à la maison — le point de départ de la déclaration change tout.

Qualifier avant de déclarer

Avant toute démarche, il faut qualifier l'absence : accident du travail, accident de trajet ou maladie professionnelle ne suivent pas le même régime (Code de la sécurité sociale, art. L.411-1 et L.411-2 pour les accidents, art. L.461-1 pour les maladies professionnelles). Un exercice pratique de la fiche compare trois chutes identiques survenues sur le lieu de travail, sur le trajet domicile-travail et au domicile, pour illustrer trois régimes distincts.

Les 48 heures qui suivent l'accident

La déclaration d'accident du travail suit un délai strict de 48 heures, formalisée via la feuille d'accident, et peut être assortie de réserves motivées de l'employeur qui ouvrent une instruction par la caisse. L'attestation de salaire, le signalement DSN et la subrogation (l'employeur qui avance les indemnités journalières à la place de la Sécurité sociale) s'enchaînent ensuite selon une méthode de calcul en cinq étapes que la fiche détaille pas à pas.

Maternité, paternité, deuil : des congés distincts

Aux congés maternité et paternité s'ajoute, depuis la loi du 8 juin 2020, le congé de deuil d'un enfant. Depuis la loi du 2 août 2021, un rendez-vous de liaison permet de maintenir un lien avec un salarié en arrêt long, avant les visites de préreprise et de reprise.

Arrêt maladie et congés payés : un chantier récent

La Cour de cassation (13 septembre 2023) puis la loi du 22 avril 2024 ont fait évoluer l'acquisition de congés payés pendant un arrêt maladie, un chantier juridique encore mouvant à vérifier au cas par cas. Le décret du 5 juillet 2024 encadre par ailleurs la contre-visite médicale employeur, et la faute inexcusable de l'employeur (Cass. soc., 28 février 2002) reste le risque juridique majeur en cas d'accident du travail mal anticipé.

L'essentiel à retenir

• Toute absence pour raison de santé se gère en trois temps : qualifier, déclarer, indemniser. La qualification — accident du travail, accident de trajet, maladie professionnelle ou risque non professionnel — commande le formulaire, le délai, le taux d'indemnisation et la protection du contrat. La déclaration d'accident incombe à l'employeur dans les quarante-huit heures suivant la connaissance des faits, y compris lorsqu'il conteste : le désaccord s'exprime alors par des réserves motivées. La feuille d'accident, remise immédiatement, dispense la victime d'avancer les frais. L'attestation de salaire, dématérialisée par le signalement d'arrêt en déclaration sociale nominative, déclenche les indemnités journalières, dont le calcul suit une méthode stable : seuls les taux, plafonds et seuils changent, et se vérifient à chaque dossier.

La fiche 3.07 vous apprend à :
  • Qualifier une absence : accident du travail, accident de trajet ou maladie professionnelle
  • Respecter le délai de 48 heures pour déclarer un accident du travail
  • Dérouler le calcul des indemnités journalières en cinq étapes, y compris la subrogation employeur
  • Distinguer congé maternité, paternité et congé de deuil d'un enfant (loi du 8 juin 2020)

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